Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous Retable de Ste Catherine par Lucas Cranach Tapez le sous marqueur eStat'Perso

Retable du martyre de  Ste Catherine par Lucas Cranach

La patronne des philosophes
 

 Lucas Cranach ( 1472-1553)

Retable du Martyre de Sainte Catherine 1506

 Huile sur bois   staatliche kunstsammlungen Gemäldegalerie Dresden  

Dimensions:  Partie centrale 126X140 cm volet gauche  :Stes Dorothée,Agnès & Cunégonde 124X167 Volet droit: Stes Barbe,Ursule & Marguerite 124X167cm

Dans 1’atelier du maître, on pouvait choisir un retable à son goût d’après des dessins et des ébauches arrangés de telle façon que les volets étant mobiles, on pouvait se faire une idée précise du profil des encadrements et du décor sculpté de la cimaise Les plus belles églises de Saxe sont ainsi décorées de retables portant l’emblème du serpent ailé de Cranach Les retables des saintes Catherine, Aune et Marie, peints pour ‘l’église du château de Wittenberg remontent aux premières années de travail de Cranach dans cette cité

Brève biographie

Lucas Cranach, est né à Kronach (Franconie), en 1472;  il  était le fils d’un peintre dont nous ignorons l’œuvre aujourd’hui. Sa formation reste obscure et ses œuvres antérieures à 1500 ont disparu. Sa présence à Vienne entre 1500 et 1504 est attestée par les portraits qu’il fit de deux universitaires de cette ville et de leurs épouses ; ces toiles, plus particulièrement Le Docteur Cuspinian (env. 1502-1503, coll. Reinhart Winterthur) et de son épouse Anna est considéré comme le plus grand portrait emblématique dans l'art  du nord de l'Europe. La carrière de Cranach se divise en deux périodes inégales et très distinctes : un séjour à Vienne, d’environ 1500 à 1504, et son activité comme peintre de la cour des princes électeurs de Saxe, à Wittenberg, de 1505 à sa mort. Il y fut l’ami de Luther;  Cranach devient vite un personnage important de la ville, membre du Conseil, puis, à trois reprises, bourgmestre. Il achète en 1520 le privilège de la pharmacie, et, en 1528, paraît en tête sur le rôle des impôts. Ami et partisan de Luther  , il imprime certains de ses ouvrages et donne, en 1521, une suite de gravures sur bois, antipapistes, le Passional Christi et Antichristi.;L'électeur de Saxe le gratifie d'armoiries avec un serpent ailé qui devint l'emblême de l'artiste Il décède à Weimar le 16 octobre de l'année 1558. Il est alors agé de 82 ans

 

 

Cette oeuvre fut exécutée d'après une gravure de Dürer qui traita le même sujet

Catherine d’Alexandrie, issue d’une famille noble, était renommée pour ses connaissances, son intelligence et sa beauté ; elle soutint victorieusement une dispute contre cinquante philosophes chargés par l’empereur  Maxence de lui démontrer l’inanité de la foi chrétienne. Furieux, ce dernier fit brûler  vifs ces philosophes et condamna Catherine à être déchirée par une roue garnie de pointes. Le feu céleste détruisit miraculeusement l’instrument de son supplice et Catherine mourut décapitée. Ainsi, devint- elle la patronne des philosophes. Sur la demande du commanditaire, la scène du supplice devait être conçue comme un portrait collectif des savants de Wittenberg et de leurs protecteurs.

La métamorphose des philosophes convertis, leur infaillible mort, le bouleversement produit par le miracle, tout cela Cranach l’exprime  dans le tableau de la foule gisant sous la roue de telle façon que les visages s’accumulent les uns sur les autres. De cette manière, l’artiste rend le caractère extraordinaire de l’événement, mais il réussit de même à économiser de l’espace : la foule ne cache pas la roue. Les bourreaux en costumes rayés se trouvant près de la flamme qui émerge rappellent les pécheurs qui tombent dans les enfers. Dans la masse poussée sous la roue, on voit l’empereur et sa suite.

Le cavalier, au centre dans l'ombre qui cache sa chute, tombe le premier, formant ainsi une pause entre le bourreau et la martyre, et découvrant une vue sur un paisible hameau au-delà d’une rivière. L’artiste obtient l’effet d’un instant figé avant l’acte de la mort. Le cavalier tombé est l’humaniste von Schwarzenberg près du bord gauche se trouve Frédéric le Sage, tandis que le pieux Pfeffinger, conseiller et trésorier de Frédéric, joue le rôle du bourreau Les couleurs dominantes du retable sont vives et claires, et leur alliage sous le ciel brumeux de l’Allemagne est des plus raffinés. Cranach se soucia également d’obtenir coordination et équilibre entre les parties du retable. En suivant la jante de la roue, le regard se lève jusqu’au visage de sainte Barbe, puis, passant par les visages placés derrière le bourreau, il s’arrête devant celui de sainte Cunégonde. Le château Veste Coburg couronnant le volet droit (peint par un aide de Cranach est équilibré par un sapin sur le volet gauche. Au nuage d’orage qui couvre une partie du volet droit répond, à gauche, une colline sur laquelle se dresse un autre château. La sérénité d’âme des saints sur les volets fait écho à l’humilité de Catherine, atténuant la cruauté et l’angoisse des autres personnages. Le prince Jean Frédéric qui tend un panier avec des fleurs venues du paradis, ainsi que le dragon dompté par sainte Marguerite retiennent le regard et donnent plus de vie au groupe des saintes. Quand Cranach entreprit la réalisation du Retable de sainte Anne, il se donna une autre tâche. L’idylle familiale dans l’esprit des moeurs patriarcales est ici mise à profit pour servir de modèle d’entente et concorde entre l’empereur Maximilien et les princes de Wittenberg. En haut, sous la fenêtre, se tient Joachim, le père de Marie; à côté, conversent l’empereur et son chanoine qui jouent le rôle des beaux-pères de Marie. Joseph est assoupi à côté de la Vierge