Portrait de Charles Solier de Hans Holbein Tapez le sous

Portrait de Charles de Solier peint par  Hans Holbein le jeune
Le Raphaël du Nord

Portrait de Charles de Solier, Sieur de Morette (1534/1535)

Huile sur bois dimensions 92,5cmX75,4cm

Staatliche Kunstsammlungen, Gemäldegalerie alte Meister de Dresde

 

Hans Holbein le Jeune (1497-1543)

Le plus célèbre représentants des Holbein, famille de peintres d’origine souabe composée de  son père Hans Holbein l’ancien (1465 env..-1524)  de . Sigmund ( ?-1540), frère du père, n’est plus guère qu’un nom.  et d’Ambrosius (1494 ?-1519), frère aîné  d'Hans , disparu tôt,  seules  quelques œuvres subsistent qui témoignent de grandes qualités, mais ne permettent de le comparer ni à son père ni à son frère.

Hans Holbein le Jeune naquit également à Augsbourg, qu’il quitta définitivement en 1515 pour s’installer à Bâle où bientôt le rejoignit son frère aîné Ambrosius. Il y connut un rapide succès malgré son jeune âge. Des dessins exécutés en marge d’un exemplaire de L’éloge de la folie attirèrent sur lui l’attention d’Érasme auquel il fut longtemps lié et dont il peignit plus tard un certain nombre de portraits ,Ses mérites de peintre furent bientôt consacrés par la commande que lui passa le bourgmestre de Bâle Jacob Meyer de son portrait et de celui de sa femme (1516, musée de Bâle). Après un séjour à Lucerne où il collabore avec son père, il revient à Bâle en 1519, y est admis dans la guilde des peintres, reprend l’atelier de son frère (parti ou décédé ?) et se marie. Des années suivantes datent presque toutes ses compositions religieuses , volets du Retable d’Oberried (1521-1522, cathédrale de Fribourg-en-Brisgau), volets d’un Retable de la Passion (vers 1524, musée de Bâle), Le Christ mort (1521-1522), La Madone de Soleure (1522, musée de Soleure). Sa réputation lui vaut d’être choisi pour décorer de fresques la salle du Grand Conseil de l’hôtel de ville de Bâle (esquisses et fragments conservés en 1524, avait peut-être déjà pour objet la recherche d’un mécène en la personne de François Ier. Il en rapporta la technique des crayons de couleur et la connaissance de l’œuvre de Vinci. En 1526, il part pour l’Angleterre muni d’une recommandation d’Érasme. Il y peint La Famille de Thomas More devient le portraitiste attitré de l’aristocratie et de la cour. À la fin de sa vie, l’artiste accorde de plus en plus d’importance à la ligne et à la surface au détriment du jeu des couleurs dans la lumière et du modelé ; il présente les visages de face ou presque, sous un éclairage neutre qui les aplatit. H. A. Schmid a qualifié cette tendance de classique en évoquant l’exemple d’Ingres

 

 

En 1535, un véritable chef-d’oeuvre du genre verra le jour:

Charles de Solier, Sieur de Morette.  était chambellan et conseiller auprès du roi de France François ter. ll était apprécié tant comme diplomate que comme général, et fut envoyé comme ambassadeur en Angleterre. Âgé de 54 ans, les cheveux gris déjà, il posa pour Holbein. Le visage ridé est intelligent. Chaque poil de la barbe et chaque poil du col de castor, chaque maillon de la chaîne en or, le moindre élément de son poignard ciselé et d’innombrables détails encore sont visiblement saisis avec un amour incomparable pour la matérialité et la texture des différentes surfaces, rappelant la peinture néerlandaise.

Mais c’est l’art italien que l’on retrouve dans la grandeur du format, dans la représentation monumentale du corps, dans l’attitude et les attributs du personnage qui nous laisse percevoir la conscience souveraine qu’a le personnage de son statut:

il y a  là à la fois la force et l’élégance réunies chez une personnalité de dimension universelle. La corrélation entre formes, silhouettes, contours et couleurs rend un effet pictural d’ensemble extrêmement élaboré ! Avant de venir à Dresde le tableau se trouvait dans la galerie de Modène et on crut longtemps qu’il s’agissait d’une oeuvre de Léonard de Vinci. Ce qui n’est pas un mince compliment! La merveilleuse étude de la tête de Morette, à la craie noire et à la craie de couleur, dont le tracé est encore plus concis et plus clair, est également conservée à Dresde  Quelle merveille que ces dessins réalisés le plus souvent sur papier teinté, rose la plupart du temps !

Le Raphaël du Nord

 Hans Holbein le Jeune est  un pur artiste des temps nouveaux. On dit souvent que ce qu’ils durent acquérir à grand-peine lui fut donné en héritage ; cela est vrai, dans la mesure où l’on ne trouve pas trace dans son œuvre des efforts d’un Dürer pour s’assimiler les principes de l’art italien, car très tôt sa maîtrise fut parfaite. Mais il ne succomba pas pour autant, comme certains de ses contemporains en Allemagne, et comme les romanistes flamands, au prestige des maîtres d’outremonts. Il a su créer un univers qui lui est propre, un univers purement humain, et dont toute rhétorique fut bientôt bannie. Sa rigueur, son objectivité pénétrante, alliées à un sens très sûr de la vie, font de lui l’un des plus grands, portraitiste de tous les temps au même titre que Raphaël