Magdalena Ventura avec son mari et son fils de Jusepe Ribera La femme à barbe

Magdalena Ventura avec son mari et son fils de Jusepe de Ribera
La femme à barbe

Magdalena Ventura avec son mari et son fils de Jusepe Ribera 1631

196 x 127 cm
Museo Fondación Duque de Lerma, Toledo

 Jusepe de Ribera, surnommé le Spagnoletto à cause de sa petite taille, est né en Espagne à Játiva (aujourd’hui San Felipe), au sud de Valence. A Valence il fut le disciple de Ribalta, l’un des peintres qui favorisèrent l’introduction du « ténébrisme » en Espagne. Ribera va très jeune en Italie et, après un séjour à Rome, il s’installe à Naples, où il épouse en 1616 Catalina Azzolino, la fille d’un peintre local. En 1626, il sera nommé académicien de Saint-Luc à Rome, et il recevra du pape, en 1631, l’ordre du Christ.

Les dernières années de son existence furent assombries par une épreuve. Le fils bâtard de Philippe IV, don Juan d’Autriche, venu à Naples en 1647 pour mater la révolte de Masaniello, enleva une des filles du peintre ; la petite-fille de Ribera, fruit de cette union maudite, fut enfermée à vie dans un couvent madrilène, procédé caractéristique du XVIIe siècle. Ribera mourra quelques années plus tard dans sa villa du Pausilippe.

 

 

Alors que je me trouvais à Tolède, je me rendis au musée de la fondation Lerma. Parmi les tableaux exposés mon regard fut saisis  par quelque chose d'étrange;  sous la barbe du barbu qui tenait dans ses bras un bébé: une protubérance qui semblait être un sein;Étrange! le libellé descriptif qui accompagnait le tableau indiquait qu'il avait été peint  par Jusepe Ribera en 1631 à la demande du duc d'Alcala.un de ses principaux commanditaire.et  correspondait au goût de l'étrange, du bizarre, en vogue depuis le maniérisme, et que l’on retrouvera avec le surréalisme. Magdalena Ventura d'origine napolitaine était née dans la province de Naples et se vit pousser une barbe à l'âge de 37 ans. Quinze ans plus tard  cette femme et son mari un timide personnage mirent au monde un enfant quelle tient dans ses bras.. Ce portrait de femme procède de la même intention qui poussa Ribera à réaliser, comme Léonard de Vinci, des études de têtes et de traits humains aux déformations grotesques, qui serviront plus tard d’exercices aux débutants