Maurice Utrillo (1883-1955)
Les tableaux de ce môme brisé par l'alcool touchent le coeur comme une rengaine  chantée  par la môme Piaf  sur les faubourgs dans les cours des maisons

 

Maurice Utrillo Surnommé "Litrillo" par les Montmartrois

A 18 ans Suzanne Valadon met au monde un enfant tombé du ciel qui sera reconnu par un autre que son père et qui grandit sans pouvoir s'adapter à la vie.  il faudra le rouer de coups pour le ramener au bercail.  Utter,  le nouveau compagnon de sa mère,   prend sous sa protection Maurice que tout jeune, à Montmartre, on avait surnommé Litrillo, parce qu'il était souvent ivre . Il le  convainc à faire de  l'art son métier. C'est sa mère dont les dons  lui avaient été développés au contact de Lautrec, Renoir et Degas qui tous trois l'avaient pris pour modèle, le guidera. Il possédait un sens du merveilleux; ses élans et surtout ses lumières qu'Utrillo tirera solitairement de sa déchéance. On le verra assis au bord d'un trottoir , à l'angle de la rue Cortot et de la rue du Mont Cenis, couvrir de couleurs ses toutes premières toiles. Montmartre, les quais de la Seine, Montmagny où il passa sa petite enfance  lui inspireront  des chefs d'oeuvre assez différents de ceux des impressionnistes qu'il semble avoir pris pour modèles. 

 

Un expressionniste qu'évoque la vie d'une classe, chargée d'humanité et de poésie;

Maurice Utrillo est un peintre exceptionnel qui brise tous les ordres auxquels les historiens le rangent. Ce n'est pas un "naïf" dont il fut au début rangé; Ni un impressionniste.  Ses paysages relèvent de la même poétique de la misère, de la pauvreté et de la médiocrité. Il évoque tour à tour la lèpre de la banlieue, les quais de Paris, le pittoresque du Montmartre dont Utrillo fera de plus en plus sa matière de prédilection. Il suffit de voir son tableau de la rue du Mont Cenis, le rouge vineux des façades qui par contraste fait apparaître les murs d'un blanc plus verdâtre et plus blafard, la désolation de ce carrefour couleur de crime dont les gardiens sont trois becs de gaz sur des fenêtres tragiquement closes

 

La poésie exprimée par Utrillo s'éloigne  de la peinture  soignée de ses  peintres impressionnistes

Francis Carco écrit " on trouve bien dans certains paysages  d'hiver, griffés rageusement d'arbres hérissés et rangés comme des petits fagots, ou bien voilés d'une vapeur glauque, comme une réminiscence lointaine des verts sourds et des laques de garance dont Sisley et Pissarro aimaient à rapprocher d'un blond de chaume, d'un lilas tendre; mais jamais aucun d'eux, ni même l'illustre Van Gogh traitait avec autant de poésie les thèmes du Moulin de la galette ni même pareilles ombres ou pâleurs sur des champs,"

Les ponts, les tours, les portails que Monet éclaboussait d'or ou d'améthyste sont pour Maurice, cet enfant traqué, des lieux où les orages se heurtent aux églises et cathédrales. Cette poésie  s'empare d'une cathédrale de Notre Dame trapue et de ton bronze.  ce mystère  se charge d'humanité lorsqu'il entreprend de peindre l'usure, l'asymétrie des quartiers déshérités. Les tableaux de ce môme brisé par l'alcool touchent le coeur comme une rengaine  chantée  par la môme Piaf  sur les faubourgs dans les cours des maisons

 

Brève biographie

1883 Né à Paris rue du Poteau, enfant naturel de Suzanne Valadon et d'un nommé Boissy.18891 l'écrivain espagnol Miguel Utrillo reconnaît l'enfant qui portera désormais son nom. Dés le collège , Maurice Utrillo manifeste un goût démesuré pour la boisson.1900 ; il est enfermé  un temps à l'asile de Sainte-Anne. Lorsqu'il en sort , sa mère, dans l'espoir de le détourner de son vice, l'oriente vers la peinture; Il montre un don  que nul ne soupçonnait. Jusqu'en 1906 peint des paysages  dits de sa période "impressionniste  ou de Montmagny de 1906 à 1914 traverse sa période dite "blanche" pendant laquelle il mélange  les couleurs à la colle  et au plâtre 1920 début de sa période " dite Colorée"1919 expose à la galerie Lepoutre  qui amorce le début de son succès.1926 compose les décors pour les ballets russes de Diaghilev 1929 reçoit la légion d'honneur1935 épouse la veuve du collectionneur Louis Pauwells devenue peintre sous le pseudonyme de Lucie Valore et vit depuis ce temps dans une confortable villa du Vésinet (Yvelines)1948   il réalise les nouveaux décors de Louise à  l'opéra comique. Mort en 1955 le 5 Novembre à Dax où il est  enterré.

 

 

Calendrier  des époques

 

1903 à 1905

1906 à 1908

1908-1914

1920- 1955

 Montmagny

Impressionniste

Blanche

surveillées

 

 La période dite de Montmagny et impressionnistes sont étrangères aux portraits et au x figures.; son pinceau  s'exprime dans des paysages qui relèvent de la même poétique de la misère et ne s'exprime que dans les faubourgs à l'exclusion complète de la campagne. La banlieue, les quais de Paris le pittoresque d'un Montmartre dont Utrillo fera de plus en plus  sa matière de prédilection.

La période blanche : création  au cours de laquelle  Maurice Utrillo  incorpore des matières inattendues (mousse, sable, plâtre qui accompagne  l'azur le plus vif, les verts, les mauves, les ors tendres et procurent une étrangeté supplémentaire; Les féeries d'Utrillo vont du "boulevard de Crimée, de la Chapelle, de la rue du Mont Cenis où sous un ciel peu accueillant le badigeon des devantures vineux avive la lèpre verdâtre des revêtements Ses murs ne sont jamais  assez blancs, il arrive alors à introduire ces matériaux indiqués plus haut.

Période surveillée : L"épuisement de son génie créateur de peintre expressionniste par des privations d'alcool  , qui détruisent son inspiration.