Francis Bacon marqueur eStat'Perso

Francis Bacon (1909-1992)
peint la trace laissée par l'existence humaine dans ses portraits défigurés

Le philosophe, Gilles Deleuze décrit ainsi cette logique chez Bacon :

"Il faut peindre le cri plutôt que l’horreur. Le cri, la souffrance, la convulsion des corps suppliciés constituent une lutte entre les forces de la vie et celles de la mort, un agencement singulier et provisoire des forces actives et réactives."

« peindre la trace laissée par l’existence humaine »

 C'est pour montrer cette souffrance de l'homme que  Françis Bacon (1909-1992) a peint 28 grands triptyques connus entre 1944 et 1985-86.  Il a commencé à travailler sur ce thème au milieu des années 1940 en commençant par  des petits formats avant de passer en 1962 sur des travaux de grands formats. Il a passé 30 ans de sa vie sur ce projets  seulement interrompu par la réalisation  de portraits  d'amis:: Lucien Freud, George Dyer son ancien compagnon, Isabel Rawthorne, Henrietta Moraes, et l’artiste lui-même dans la suite d’autoportraits de 1971-1972. Traquée d’année en année au fil de la mémoire, l’image se situe au-delà de l’apparence physique. C’est ce que Bacon appelle « peindre la trace laissée par l’existence humaine »

 Le Thème de La figure

Ce thème de la figure humaine émerge lentement, à partir des premières Têtes de 1949. On le retrouvera dans les séries telles que les Papes, les Crucifixions aussi bien que dans les Nus en intérieurs et les Portraits, qui sillonnent son œuvre jusqu’aux peintures les plus récentes.. Ce décalage psychologique et émotionnel vis-à-vis du modèle est à l’origine du recours fréquent à des images déjà fixées par d’autres objectifs : séquences cinématographiques, photographies et aussi œuvres d’art célèbres. C’est ainsi qu’il emprunte au Cuirassé Potemkine d’Eisenstein l’image du visage hurlant qu’on retrouve dans maints tableaux, ou bien qu’il s’inspire directement du Portrait d’Innocent X de Velázquez pour la série des Papes . Néanmoins c’est la photographie qui représente la référence permanente dans la peinture de Bacon, notamment les célèbres albums de E. Muybridge (The Human Figure in Motion et Animals in Motion), dont dérive entre autres l’image angoissante de l’enfant paralytique qui se traîne dans une pièce vide ; la référence à Muybridge est d’ailleurs explicitée par le titre même de certains tableaux (After Muybridge, Woman emptying bowl of water and paralytic child on all fours, 1965).

Portraits isolés dans des cages

 Isolées dans l’espace, tels des clichés d’une séquence cinématographique, les images perdent leur continuité de narration ou d’action . Elles sont « cadrées » et mises au point par un objectif imaginaire, qui impose au spectateur une séparation des temps physiques et psychologiques. À partir des premières œuvres (par exemple les Papes des années 1950), une telle modulation de l’espace est renforcée par le montage de « cages » autour des personnages . Ces cages, comme le dit Bacon lui-même, « enferment le modèle pour mieux le saisir ». Cette coexistence d’une prise directe de l’image avec la rigueur géométrique de sa mise en page rapproche son œuvre des cages de Giacometti, artiste qu’il rejoint à plus d’un égard.
Après la Seconde Guerre mondiale, le portrait a opéré un retour en force avec Sutherland et Moynihan, mais surtout avec Lucian Freud (le petit-fils de Sigmund) et Francis Bacon
Après 1970, et notamment dans les vastes triptyques, l’espace se dilate autour du personnage comme par un jeu de miroirs. Apparaît alors le motif du dédoublement de l’image, reflétée dans les trois volets du triptyque qui suggèrent une nouvelle unité de l’espace représentatif. Les zones chromatiques nettement découpées, la couleur claire aux tons soutenus de l’espace ambiant contrastent avec la plasticité accentuée du personnage dans les dernières œuvres de Bacon
Bacon et Giacometti ont en commun, la souffrance, le cri à venir, l’angoisse de la mort.



Sa méthode de travail d était toujours abordé en peignant le panneau gauche et n’abordait les suivants qu’après avoir exécuté le premier. IL réalisait parfois des modifications plusieurs années après avoir achevé le triptyque

Bacon Giacometti même combat


Bacon et Giacometti ont en commun, la souffrance, le cri à venir, l’angoisse de la mort. écrit Carol Darchy dans son étude sur l'artiste

"Leurs oeuvres hurlent la souffrance de la mort ressentie au coeur de la vie, ou d’une certaine manière, ils voient la vie, sous les apparences de la mort. Bacon est sans rival quant à la déformation des corps et des visages.

Giacometti se focalise de manière obsessionnelle sur les yeux, et cela, à l’infini, en boucle, car il n’arrive pas à donner vie, à ces cavités creuses, qui renvoient à la mort, l’effroi "


 

 

 


Brève biographie

Bacon naît à Dublin en 1909  de parents anglais. La famille fait plusieurs fois l'aller-retour entre Dublin et Londres durant son enfance. C'est un enfant maladif (asthme) et son père essaye de l'endurcir en le fouettant. Il est rejeté par sa famille lorsque son homosexualité est découverte
Bacon passe plusieurs années à Berlin, puis à Paris où il mène une vie de bohème. De retour à Londres, il s'installe comme décorateur et peint ses premières toiles sous la forte influence du surréalisme et de Picasso dont il a pu admirer les dernières toiles lors de son séjour à Paris en 1927. Le dessins de Picasso de cette époque visibles dans ses carnets, montrent les similitudes et comment Francis Bacon s'est inspiré de Picasso.
Bacon est  un artiste autodidacte. Parmi ses influences, on reconnaît Pablo Picasso  et Diego Vélasquez, Nicolas Poussin ou encore Rembrandt. Au cours d'un entretien, il affirma que son influence du surréalisme ne provenait pas d'un peintre, mais des films de Luis Buñuel.

 Il traita plus tard ses premiers travaux avec dédain et détruisit la majeure partie de ses œuvres antérieures en 1944.


1945 marque son entrée officielle dans le monde de la peinture avec « Trois études de figures au pied d'une crucifixion ». Le tableau, d'une rare violence expressive, choque au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où l'on préférerait oublier les images d'horreur que celle-ci a engendrées.
Ces corps ramassés à l'extrême, tordus et écrabouillés, musculeux, disloqués, ravagés, ces distorsions crispées, ces contractures paroxystiques, ces poses quasi acrobatiques, sont d'abord signes de fulgurances nerveuses et d'un emportement furieux, presque athlétique, plus somatiques que psychologiques de la mystérieuse animalité d'anthropoïde solitaire et désolée qui est en chaque homme.
Au cours de sa carrière, Bacon affina son style, délaissant les images de violence crue de ses débuts pour préférer « peindre le cri plutôt que l'horreur », prônant que la violence doit résider dans la peinture elle-même non dans la scène qu'elle montre.

Citations [modifier]
"Je suis sûr que chaque artiste se situe quelque part, travaille à partir d’un certain héritage et se trouve placé sur une certaine trajectoire. De même d’ailleurs qu’il s’ingénie à enfoncer avec obstination le même clou, mais cela est une autre histoire." Extrait des Entretiens avec Michel Archimbaud
"Je crois que l'homme aujourd'hui réalise qu'il est un accident, que son existence est futile et qu'il a à jouer un jeu insensé
."

triptyque sur la crucifixion 

Ces Trois  créatures figures  sont  à la Base  d’un triptyque sur la crucifixion  peint en 1944 par l'Artiste Irlandais Françis Bacon. Le travail est basé sur l'Eumenides-ou Furies-d’Eschyle et d'Oreste  Elles ont été réalisées à la peinture à l'huile et au pastel Elles furent achevées en en deux semaines.


Seconde version du triptyque de 1944

Bacon & Picasso sont les peintres qui marquent le XXe siècle

On s'accorde à penser que Picasso et Bacon sont les deux peintres majeurs du XXe siècle, on remarqua qu'aucun des deux n'abandonna la représentation de la figure humaine, ni ne produisit de toile abstraite.
 Un tableau de Francis Bacon, ci-dessus illustré  a été récemment adjugé plus de 86 millions de dollars un record pour l'artiste britannique.
  rentrant dans le top dix des ventes de tableaux les plus élevés de tous les temps.