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Juif en prière de Marc Chagall (1889-1985)
Colorier sa vie d'amour et d'espoir

Juif en prière Peint en 1914

The Art Institute, Chicago

Collection Joseph Winterbotham

dimension : 116,5 X 89 cm

COURTE BIOGRAPHIE

Chagall naît le 6 juillet 1887 à Vitebsk, mélange pittoresque du Shetl juif et du village russe, avec les isbas grises et les maisons peintes de couleurs vives, avec ses habitants truculents,. La famille Chagall est grande et unie. Marc a sept sœurs et un frère. Son père travaille chez le marchand de harengs, il est silencieux, mélancolique, taciturne, sa mère, au contraire est énergique, ouverte, porteuse d’espérance. Vitebsk et son entourage naturel deviennent pour Chagall l’archétype pictural de la terre natale.

A Vitebsk, le jeune Marc rencontre en 1909, Bella Rosenfeld qui deviendra sa muse et sa femme. Ils se marieront en été 1915. Leur fille Ida naîtra en 1916.

LA PERIGRINATION DE MARC CHAGALL

Jusqu’en 1920, il occupe une place importante dans la diffusion de l’art, à Petrograd et Vitebsk. Chagall part pour Moscou et est invité à travailler au Théâtre juif Kamerny: il réalise les décors et costumes ainsi que les peintures murales pour la salle de spectacle.

Au début de l’été 1922, les Chagall s’expatrient définitivement pour Berlin, puis Paris et la France. Chagall obtient la naturalisation française en 1937. Son œuvre ayant été proclamé « art dégénéré » par le régime nazi, en 1941, Chagall et sa famille décident de fuir la France, pour New York, sur l’invitation du Museum of Modern Art

Bella Chagall décède le 2 septembre 1944 à New York

En 1947, le peintre et Virginia sa nouvelle épouse embarquent pour la France. Ils s'installent à Orgeval, aux environs de Paris. Chagall achète la villa Les Collines, près de Nice, en 1950. A partir de là, et pendant deux décennies il se consacre à de nouvelles techniques d'expression artistique : la céramique, la mosaïque, la tapisserie, le vitrail. Rupture avec Virginia McNeil.
Le 22 juillet 1952 le peintre épouse Valentine (Vava) Brodsky.

Le 28 mars 1985, Marc Chagall s'éteint dans sa 98e année. Il repose au cimetière de Saint-Paul-de-Vence.

COLORIER SA VIE D'AMOUR ET D'ESPOIR

"Au fur et à mesure de mes forces, au cours de ma vie, bien que parfois j'ai l'impression que je suis tout à fait un autre, que je suis né pourrait-on dire entre ciel et terre, que le monde est pour moi un grand désert dans lequel mon âme rode comme un flambeau, j'ai fait ces tableaux à l'unisson de ce rêve lointain", écrit Marc Chagall en 1973 de son parcours humain et artistique.

"Je suis né entre ciel et terre" dit-il; C'est vrai. Ses toiles aux coloris éclatants qui représentent des amoureux flottant dans les airs et tendrement enlacés, des violonistes éméchés, des horloges ailés, des coqs qui dansent  sont le reflet si fidèle de sa personnalité, de sa vie .

On l'a rangé parmi les surréalistes, parce que ses silhouettes bizarres, ses animaux fantastiques, ses maisons , semblent des créations poétiques et symboliques sans dessus dessous

"Je m'élève contre les termes "fantaisie" et "symbolisme". Notre univers extérieur est la réalité...Il est peut-être plus réel que le monde visible" leur rétorque-t--il. Il a bien le droit  de montrer une horloge planant dans les airs; une horloge pourvue d'ailes n'est pas plus ridicule que la locution "le temps s'envole"

Marc Chagall en octroyant des ailes aux amants, aux bouquets, aux musiciens,aux horloges, aux vaches,a donné en même temps libre essor a notre imagination;

 

De retour â Vitebsk,Chagall se remit à peindre les scènes et les gens qui l’entouraient... sa famille et les habitants de la ville. A l’instar de Rembrandt, il paya un mendiant, qui lui servit de modèle pour ce tableau, l’un des mieux équilibrés de son oeuvre. On s’en aperçoit tout de suite à Vitebsk, où il travaillait d’après nature, le peintre est plus précis qu’à Paris où il ne pouvait compter que sur ses souvenirs pour représenter sa ville natale.

 Cependant un examen plus approfondi permet de relever des traces de cubisme dans ce portrait qui, à première vue, paraît tout à fait réaliste. Mais le fait le plus intéressant est que Chagall qui, en général, obtient des effets saisissants par d’éclatantes masses de couleur, arrive ici au même résultat avec de vastes surfaces noires et blanches et en mettant en valeur quelques détails essentiels de sa composition, par exemple les courroies noires du phylactère attaché au bras droit, les rayures noires du châle de prières, ses bords découpés en dents de scie, et le rappel des boucles traditionnelles sur chaque tempe dans l’étrange courbe du fond noir, au-dessus de l’épaule gauche.

 Les couleurs sombres, les formes tourmentées, l’attitude du personnage penché en avant, tout décrit la suprême angoisse d’un homme qui cherche en Dieu sa consolation