Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous Jean Baptiste Chardin 1699 marqueur eStat'Perso

Jean Baptiste Siméon Chardin
1699 - 1779
Le créateur de la nature morte moderne

 

En bref

De nombreux artistes de la génération de Chardin tombèrent dans l'oubli à la suite des secousses politiques provoquée par la révolution. L'austérité républicaines des artistes contemporains de David n'avaient rien à proposer face à l'élégance de la société sophistiquée  de Boucher et de Fragonard. Mais l'avenir de Chardin semblait moins sûr que le leurs. La nouvelle société  s'intéressait plus aux  coutumes antiques qu'à celles de son époque.  Chardin avait ses imitateurs, ses disciples. Malgré ceux là il fut à sa mort oublié. C'est seulement en 1873, que les frères Goncourt cherchèrent à réhabiliter sa réputation aux yeux du public.Ils s'engagèrent dans une tâche difficile, parfois jugée de folle et d'excentrique.Mais ils réussirent. Depuis l'oeuvre de Jean Baptiste Chardin reste un modèle pour tous les peintres qui confectionnent des natures mortes.

Son Portrait

Jean Baptiste Chardin est de la ra des débonnaires obstinés comme en témoigne son autoportrait ci-dessus illustré. son talent perce grâce à un sérieux inné, à une modestie laborieuse et à une fidélité dans le travail quotidien.Il travaille ses natures mortes sans s'inquiéter de son aspect extérieur, insouciant des mondanités des dignitaires qui s'intéressent à sa peinture. Un bonnet de nuit sur la tête, un foulard noué à la diable autour du cou, une curieuse visière sur le front. Tel est le personnage au travail dans son atelier qui anime ses fameuses natures mortes par la lumière, par un éclat des couleurs juste juxtaposés sans les mélanger afin qu'elles brillent avec plus de pureté.
<Par l'intermédiaire de la couleur, on peut donner de l'intérêt aux choses les plus banales, on peut faire un chef d'oeuvre avec un vase et des fruits>. Ces paroles de Chardin se trouvent pleinement confirmés dans ses étonnantes natures mortes illustrées.

Créateur de la nature morte moderne
Chardin est un homme de son époque, né dans l'art européen à un moment où le maintien de la tradition est plus important que l'invention ou la découverte. Il était prisonnier de tous côtés par l'accomplissement évident des peintres hollandais et flamands. Le genre de peinture qui l'intéressait était exercé avec succès par les peintres hollandais; Il se trouvait de ce fait suivre cette tradition. C'était pour lui un tremplin qu'il saisit pour s'infiltrer dans ce monde privé.
 Sa composition d'un grand nombre d'objets placé comme une composition baroque, rappelle les compositions de Snyders par l'austère simplicité de la nature morte peinte 20 ans plus tôt
<On cherche, on efface, on gratte, on frotte , on repeint et quand on a trouvé ce" quelque chose" qui donne pleine satisfaction, le tableau est achevé> Tel est le secret que donne Chardin. Dans le tableau des instruments du fumeur ci exposé , Chardin est parvenu à créer une atmosphère poétique. Dans cette nature morte, le silence qui enveloppe toutes choses est aussi tangible que la lumière blanche, paisible qui se posent sur les objets. Cette composition parfaite, rigoureusement équilibrée, dégage une harmonie délicate des teintes douces sur lesquelles se détache la blancheur granulée du pot et du bol qui illumine l'ensemble.
 

Le précurseur des peintres qui lui succéderont
 

Chardin fut le précurseur de Corot, Manet et des impressionnistes, de Cézanne, un prophète d'une tradition d'art moderne qui trouva son expression finale dans les oeuvres des cubistes. Ses successeurs, un siècle et demi plus tard ont utilisé les guitares comme objet, mais il les avait devancés en utilisant des bouteilles et des plat et ustensiles en cuivre rayonnant dans un coin de sa peinture des marmites provocantes par leur forme, des couteaux surprenant par leur taille et leur couleur.
Sous son pinceau, le linge, la belle vaisselle, la brioche toute luisante de beurre, la pomme croquante deviennent importants et prennent une personnalité insoupçonnée sous l'effet de couleur particulier, et sous une tonalité de lumière bien déterminée . Son coup de pinceau est large, dense et comme beurré.
Delacroix avait été un de ses grands admirateurs; Il avait d'ailleurs emprunté une de ses influentes oeuvres pour la copier. Manet s'était lui aussi inspiré du lièvre de Chardin. pour réaliser son tableau du Lapin en 1866. Camille Pissarro recommandait en permanence le travail de Chardin à son fils. Henri Matisse avait envoyé au Salon de la Nationale en 1896 des oeuvres dont le titre indique l'inspiration qu'il avait pris de Chardin : Liseuse, Nature morte et intérieur.
Pour évaluer l'importance de Chardin dans le développement de l'art européen, il ne suffit pas de se référer à son influence qu'il exerçât sur les peintres individuels. Jean Baptiste Chardin fut un grand peintre du XVIII me . Ses contemporains l'ont considéré comme un disciple des traditions flamandes et hollandaises du XVII me siècle. Ils ont raison. Mais entre le monde d'un Steen, d'un Metsu ou d'un Vermeer et celui d'un Chardin repose une grande différence plus importante que celle qui s'explique par la diversité de leurs personnalités. Ce n'est pas une question de poésie, de sentiment ou d'adresse. Les peintres hollandais possédaient toutes ces qualités, mais Jean Baptiste Chardin possédait une sorte de finesse d'esprit, une légèreté de touche qui provoque un émoi.
 

Notes Biographiques

1699 naissance de Jean Baptiste Siméon Chardin à Paris rue de Seine d'un père menuisier du Roi  1715 devient apprenti auprès de Pierre Jacques Cazes modeste peintre principalement connu pour ses peintures murales à la cathédrale  Notre Dame de Paris et du Choeur de l'église de St Germain des Prés 1720 Travaille auprès de Noel-Nicolas Coypel peignant avec minutie ici des canons, là des chiens , ou des guirlandes de fleurs, ou des enseignes de boutiques 1740 Louis XV lui achète la mère occupée à présent au Louvre 1783 Son neveu, sculpteur, achète 100 livres  l'enseigne qu'il peignit pour l'officine du médecin de famille.1867 une esquisse de cette enseigne fut acheté par le Musée Carnavalet. Elle fut détruite au cours de la guerre civile de 1871 1728 Il envoie à l'exposition de la Jeunesse son célèbre tableau de "la raie" qui se trouve à présent au Musée du Louvre1743 est nommé à l'académie des Arts dont il devient le Trésorier en 1752.1779 meurt à Paris

Un peu d'Histoire

Durant le 16e et le 17 e siècle les Rois  de France exerçaient une énorme influence sur l'art . François 1er fit connaître à ses sujets l'art de la renaissance en accueillant les artistes italiens à Paris et fit de Fontainebleau le centre des arts. Il donna un essor important à la collection royale de peinture en achetant des oeuvres réalisées par Leonardo da Vinci, d'Andrea del Sarto, de Michel-Ange, d'Agnolo Bronzino et de  Titien. De son côté, Marie de Médicis encouragea Rubens et par goût personnel fit connaître les réalisations de  l'Art Flamand. Les guerres qui se déroulaient en Hollande favorisèrent la venue des peintres hollandais et flamands.La collection royale s'accrut de leurs oeuvres. Louis II, le Prince Condé, acheta aux peintres hollandais des chefs d'oeuvre pour son château de Chantilly. Plus tard le Duc de Richelieu   perdit  12 tableaux de Poussin au cours d'une partie de tennis qui l'opposait à Louis XIV; il les  fit remplacer par 12 peintures de Rubens;
Lorsque Jean-Baptiste- Siméon Chardin naquit à Paris au cours des dernières années du 17e siècle, Watteau était un jeune homme de 15 ans, vivant à Valenciennes.Le seul voyage que fit Chardin fut de se rendre à Fontainebleau pour voir Jean-Baptiste Van Loo restaurer les fresque de Primaticio dans la grande galerie du château.Contrairement aux autres artistes il n'alla pas à Rome.

De nombreux artistes de la génération de Chardin tombèrent dans l'oubli à la suite des secousses politiques provoquée par la révolution. L'austérité républicaines des artistes contemporains de David n'avaient rien à proposer face à l'élégance de la société sophistiquée  de Boucher et de Fragonard. Mais l'avenir de Chardin semblait moins sûr que le leurs. La nouvelle société  s'intéressait plus aux  coutumes antiques qu'à celles de son époque.  Chardin avait ses imitateurs, ses disciples. Malgré ceux là il fut à sa mort oublié. C'est seulement en 1873, que les frères Goncourt cherchèrent à réhabiliter sa réputation aux yeux du public.Ils s'engagèrent dans une tâche difficile, parfois jugée de folle et d'excentrique.

Bien que l'oeuvre de Chardin soit sorti du premier cercle des peintres à la mode, son oeuvre continue à fasciner les peintres. Chardin comme Vélasquez ré intéresse le goût des  peintres et du public. Car ils sont influencés par ses tableaux.