Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous Gustave Courbet peintre engagé en politique et en peinture marqueur eStat'Perso

Gustave Courbet

1819-1877
Peintre tumultueux  engagé  en politique et en peinture

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En bref

peintre engagé au cours de l'insurrection de 1848 et de la commune en 1871.  entre  ces deux évènements (1860-1865)il compose avec le régime monarchique de Napoléon III  et trouve son inspiration  dans la contemplation de la nature.1871 c'est la commune,  les  tableaux qu'il réalise sont une ultime résurgence de la veine inaugurée par Les Casseurs de pierre. Toute sa vie fut jalonné de scandales et de sarcasmes de la part des bourgeois et des officiels offusqués par le réalisme de son style et la liberté de ses opinions. Devant ses casseurs de pierres Proudhon déclare :<< C'est la première peinture socialiste>>, mais L'enterrement à Ornans , d'un naturalisme provocant pour l'époque - tout le village, cinquante personnes, y est représenté grandeur nature , révolte le public conformiste qui taxe Courbet de subversion. Il ne craint pas le combat et le rechercherait plutôt car c'est une force de la nature que ce franc-comtois arrogant, insolent, tumultueux.

Quoique républicain et anticlérical farouche, Courbet n'a pas hésité à composer avec le régime impérial quand celui-ci a su le flatter, mais l'avènement de la Commune exalte ses sentiments démocrates et, ayant pris part à la destruction de la colonne Vendôme ou l'ayant approuvée, il sera l'objet de l'hostilité  générale. Condamné, il devra s'exiler en Suisse où il mourra en 1877- Courbet a donné à son siècle une leçon de vérité et de santé, magnifiquement peintre il est de la lignée d'un Caravage, d'un Titien. Qu'il peigne des nus opulents, des paysages ou des scènes de genre, c'est avec la même générosité, la même puissance et la même chaleur qu'il proclame dans chaque toile son hymne éclatant à la vie.

Le peintre  engagé              

1848, Paris s'agite dans ses faubourgs. Dès les journées de février, Gustave Courbet est du côté de l'insurrection. On l'apercevra en blouse d'ouvrier au côté de Baudelaire.Dans ces semaines pleines d'espoir et de générosité, de chimères et de sang, le poète et le peintre combattent coude à coude. L'année précédente Courbet avait fait un portrait de Charles Baudelaire; Ce dernier  partageaient les idées nobles et désordonnées de ce fantasque Courbet écrit Théophile Gauthier.Gustave courbet était un personnage tumultueux dont les outrances entretinrent la chronique politique et judiciaire.Il subissait la contagion des discussions de brasseries de son temps et ne pouvait rester indifférent aux réactions que soulevaient les questions sociales de Pierre Joseph Proudhon et à l'emprisonnement de Raspail, Blanqui et de Barbès.

La première peinture socialiste selon Proudhon

Courbet n’a sûrement pas lu Marx, dont le Manifeste du parti communiste date de 1848, mais ses tableaux l’enterrementl’atelier imposent la notion de classe sociale ; le labeur brutal des « lutteurs » de 1853, leur musculature offerte à la consommation du public sont l’image même de l’aliénation.En voyant son tableau "les casseurs de pierres" Proudhon s'écriera <<c'est la première peinture socialiste>>

La lutte contre le conservatisme

Courbet déclarait  une vive hostilité contre le pseudo classicisme qu'il nommait << les défroques romantiques>>qui survivaient dans l'art de son temps et qu'il entendait  le purger. « J’ai étudié, en dehors de tout système et sans parti pris, l’art des anciens et l’art des modernes » et « puisé dans l’entière connaissance de la tradition le sentiment raisonné et indépendant de ma propre individualité ».

 Cette déclaration radicale et pourtant mesurée définit clairement le programme qu’il s’était fixé. Programme de lucidité, de sincérité, impliquant l’examen critique mais non le rejet systématique d’une « tradition » mal comprise par ses prétendus héritiers. Programme de retour à des évidences simples et fortes, reposant sur l’expérience, le bon sens, les grands sentiments plus que les grands principes. Programme de peintre et de poète, où la pratique du métier l’emportait sur les théories, et où l’image ne se bornait jamais à la transcription d’un message, même quand apparaissait une certaine intention didactique. Cette démarche était comparable à celle  d’un Manet. Comme lui, Courbet passa pour révolutionnaire parce que son art tranchait par sa vigueur sur les artifices et les compromis de ses contemporains.

Le peintre compose avec le régime impérial de Napoléon III

Quoique républicain et anticlérical farouche, Courbet n'a pas hésité à composer avec le régime impérial quand celui-ci a su le flatter. La France vit sous le régime de Napoléon III donc en dictature. Dés 1858, le gouvernement a soumis une loi de sûreté générale qui permet a l'administration d'expulser du territoire tout individu condamné pour complot, rébellion. Ce manque de libertés publiques n'empêche pas Courbet d'abandonner son combat de peintre révolutionnaire pour se consacrer à une peinture contemplative de la nature dans une profusion de tableaux certes admirables.Ses toiles comme le pique-nique (1858) et le combat de cerfs (1861 ) sont la contrepartie lyrique des grandes compositions à sujet social.

Autour de ces pages maîtresses, plusieurs centaines de paysages composent comme un poème de la nature. Aussi variés que les motifs dont ils s’inspirent, des « remises » ténébreuses des environs d’Ornans, le pays natal de Courbet, aux plages transparentes de Trouville et d’Étretat, de l’été languedocien aux neiges bleues de l’hiver comtois,Dans les natures mortes, les fruits et les fleurs prolifèrent, s’enflent et palpitent avec le dynamisme triomphal de la nature. Dans certaines figures de femmes, par exemple le portrait de Jo, la rousse Irlandaise (1865 )ou les dormeuses enlacées du Sommeil (1866,, "les membres, les seins, les chevelures ondulent et rebondissent comme sous la poussée de la houle. "Les amis de Courbet n'ont pas toujours apprécié ce volte-face de la peinture de Courbet; Certains y ont vu un reniement politique, une concession à l'envie de plaire et de vendre.

 

 

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Notes biographiques.           

1819    Naissance de Gustave Courbet à Ornans ( Doubs)1835  étudie le dessin dans sa ville natale avant d'intégrer l'école des beaux-arts 1840 Assiste à quelques cours de droit; mais se consacre définitivement à la peinture1843-1844 Réalise un autoportrait et le portrait de sa soeur Juliette après avoir étudié au Louvre1847 rencontre les écrivains progressistes Champfleury et Proudhon; fait le portrait de Baudelaire 1848 participe à l'insurrection 1849 L’après-dîner à Ornans remporte au Salon un succès d’estime (la toile est appréciée à la fois par Ingres et par Delacroix) et est achetée pour le musée des beaux-arts de Lille. Courbet est médaillé et ne devra donc plus, par la suite, soumettre ses œuvres au jury.1851Courbet expose les casseurs de pierres Proudhon déclare " c'est la première peinture socialiste"1855 exposition universelle une place particulière est réservée à Courbet Il expose l'atelier 1858-59  Il effectue un voyage en Allemagne 1863 Courbet présente volontairement au jury un tableau très anticlérical (Le Retour de la conférence), qui n’est même pas accepté au Salon des refusés. 1864 Il recherche un scandale analogue l’année suivante avec Vénus et Psyché (refusé), puis en 1865 avec le Portrait de Pierre Joseph Proudhon  qui n’obtient aucun succès. 1867 Courbet présente des tableaux à l’exposition universelle, mais organise aussi, sans grand succès, sa propre exposition particulière dans un pavillon séparé, place de l’alma.1871 Proclamation solennelle de la commune Courbet rejoint Les communards qui démolissent symboliquement la colonne Vendôme .Courbet est condamné ; il doit s'exiler en Suisse.1877 Il meurt à la Tour-de-Peilz (suisse)

Son emprisonnement et son exil

En 1865 Son combat pour la justice sociale le reprend lorsque  paraît le livre de Proudhon, Du principe de l’art et de sa destination sociale ; Courbet peint  quelques paraboles qui l’illustrent a posteriori, comme La Pauvresse du village (1867, coll. part.) et L’aumône d’un mendiant, ultime résurgence de la veine inaugurée par Les Casseurs de pierre.

 À Paris, en 1870 et 1871, il est en première ligne pendant le Siège et la Commune, bien qu’il rêve de paix et réprouve la violence, et il exécute de puissants dessins (Louvre) d’après les scènes de répression qui suivent l’échec des communards. Désormais, la réaction s’acharne contre lui. Il est emprisonné à Sainte-Pélagie de juin 1871 à mars 1872. On l’accuse injustement d’être responsable de la démolition de la colonne Vendôme, et ses six dernières années se consument en procès. Ses tableaux sont refusés au Salon, ses biens confisqués pour payer la restauration de la colonne. En juillet 1873, il s’exile en Suisse, où il meurt, épuisé, quatre ans plus tard, à la Tour-de-Peilz

Un peu d'histoire

L'insurrection de 1848

Durant quatre jours, les rues de Paris ne sont plus qu'un champ de bataille où émeutiers et  forces   de l'ordre   s'affrontent.   Puis, « l'insurrection de la misère et de la faim » doit s'avouer vaincue. Elle se solde, pour le peuple,  par  un  tragique  échec.  Plusieurs milliers d'hommes ont trouvé la mort de part et d'autre des barricades. Parmi ces victimes, on dénombre six généraux et l'archevêque de Paris,  Mgr  Affre,  agissant en médiateur. Le peintre Ernest Meissonnier allait reproduire  l'une  de  ces  barricades,  celle située « rue  de  la  Mortellerie »,  après  la fin des combats. Ceux que l'on a pris vivants, coupables, le plus souvent, de ne s'être battus que parce qu'ils avaient faim, sont faits prisonniers  puis,  pour  une  partie, passés par les armes ou condamnés à être déportés en Algérie.  Ceux  que  l'on  va  appeler  les « transportés » seront quatre mille à quitter ainsi la France.    (Cabinet  des  estampes.  Bibliothèque nationale. Photo B.JV.)

Démolition de la colonne Vendôme le 26 avril 1871

Les  Communards  démolissent symboliquement la colonne Vendôme.

« Devant mes yeux, a raconté Vuillaume, passe subitement comme le  battement  d'ailes  d'un  oiseau gigantesque...  Un  zigzag  monstrueux...  Un nuage de  poussière. Tout est fini. La colonne est à terre, ouverte, ses entrailles de pierre au vent. César est couché sur le dos, décapité. La tête couronnée de lauriers a roulé,  comme un potiron, jusqu'à la bordure du trottoir. »

Après l'origine du monde Les impressionnistes emboîtent le pas à Courbet

Avec l'origine du monde la hiérarchie traditionnelle vole en éclat:. La peinture narrative est identifiée de fait à la peinture de genre, puisque «la peinture est un art essentiellement concret et ne peut consister que dans la représentation de choses réelles et existantes» (Courbet)

Zone de Texte: Baudelaire


Cette brèche ouverte par l'origine du monde de Courbet est suivie par les impressionnistes, qui, à côté des portraits et des paysages, s’intéressent aux scènes de la vie parisienne, donnant corps à l’idéal du peintre de la vie moderne défini par Baudelaire en 1863. Manet et Degas, puis Toulouse-Lautrec, Bonnard et Vuillard sont les artistes les plus intéressés par la vie contemporaine, qu’ils évoquent à travers des thèmes nouveaux: le monde bourgeois des affaires, les spectacles élégants ou populaires, les courses, les danseuses et le music-hall, les maisons closes, la rude condition des gens du peuple.

Dans le même temps, les peintres rendent enfin compte d’une part grandissante de la peinture de figures, des scènes tahitiennes de Gauguin aux inventions iconographiques des différents courants symbolistes. Le sujet s’efface derrière la primauté du style, appelé à d’incessants bouleversements. En 1890, Maurice Denis formule ainsi le premier article de l’esthétique nabi: «Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.»

Galerie de tableau de Gustave Courbet

                                      Galerie de peinture

Ses principaux tableaux de la période engagée  (1840-1857),  ceux de sa période contemplative (1860-1864) et sa période de fin de vie (1870-1877)