André Derain
1884-1954

 artiste  éclectique découvre une parenté entre la vision cadastrale de cézanne et l'art nègre qui seront à l'origine  du renouvellement de la peinture du  XXe siècle

En bref

André Derain  artiste éclectique  découvre une parenté entre le cézannisme et l'art nègre qui sera à l'origine  du renouvellement de la peinture du  XXe siècle

Derain a passionnément analysé Cézanne; à partir de Cézanne , Derain analyse l'art nègre; au cours de l'année 1906 on peut lire dans son oeuvre sa double réflexion sur le cézannisme et l'art nègre. Son importance comme précurseur de l'intérêt porté à l'art nègre ne fait que grandir.la statuaire nègre qu'il acheta à Vlaminck pour la somme de 20 francs lui apporta  la preuve que l'art primitif a su exprimer la nature de façon pure. Picasso et Matisse en  furent bouleversés.Ni matisse, ni Derain, ni Picasso ne pouvaient savoir que la découverte d'une parenté entre Cézanne et l'art nègre notamment sur le constructivisme et sur  la forme structurale , leur permettraient de renouveler la peinture et la sculpture.Elle a  influencé Picasso dans la réalisation de son tableau les demoiselles d'Avignon

Sa période Fauve de 1905 - sa rencontre avec Matisse

Le fait nous est attesté par Matisse lui-même qui confia un jour à Georges Duthuit : "Je connaissais Derain pour l'avoir rencontré chez Eugène Carrière, où il travaillait, et j'étais attentif au travail très sérieux, très scrupuleux de ce jeune artiste aux dons puissants. J'étais un jour chez Bernheim rue Laffitte, à l'exposition van Gogh. Je vis Derain accompagné d'un garçon d'allure gigantesque qui d'une voix autoritaire criait son enthousiasme...  {Derain} s'approcha  de  moi  et me  présenta Vlaminck". Les deux hommes sympathisèrent peu, et les recherches de l'un n'influèrent pas sur l'autre, encore que Vlaminck ait prétendu à tort que cette rencontre [de 1901] fut pour lui [Matisse] décisive". On ne voit guère, en effet, qu'il ait rien apporté au peintre du Luxe, à qui l'on est tenté, en revanche, de donner raison, quand il écrit :" La peinture de Derain et de Vlaminck ne m'étonnait pas, car elle était voisine des recherches que j'entreprenais moi-même, mais j'étais ému de voir que de très jeunes hommes  avaient quelques convictions semblables aux miennes" Du moins ; en confluant, les deux sources donnèrent-elles naissance à un fleuve d’autant plus puissant que les champions de la nouvelle peinture se mirent, à partir de 1905, à exposer ensemble.

Le scandale du salon d'automne de 1905 provoqué par ce groupe de coloristes curieux

Rien de plus significatif à cet égard que la Promenade au Salon d'Automne d'André Gide, qui après avoir longuement admiré Maillol, Vuillard et Bonnard, consacre à Matisse les lignes suivantes :" Pour plus de commodité je veux admettre que M. H. Matisse ait les plus beaux dons naturels. Le fait est qu'il nous avait donné précédemment des œuvres pleines de sève et de plus heureuse vigueur... Les toiles qu'il présente aujourd'hui ont l'aspect d'exposés de théorèmes. Je suis resté longtemps dans cette salle. J'écoutais les gens qui passaient et lorsque j'entendais crier devant Matisse : »C'est de la folie », j'avais envie de répliquer : « Mais non. Monsieur, tout au contraire. C'est un produit de théories ». Tout s'y peut déduire et expliquer, l'intuition n'y a que faire. Sans doute, quand M. Matisse peint le front de celte femme couleur pomme et ce tronc d'arbre rouge franc, il peut me dire : « c'est parce que... » Oui, raisonnable, cette peinture, et raisonneuse même plutôt. Combien loin de la lyrique outrance d'un van Gogh. Et dans les coulisses j'entends. « Il faut que tous les tons soient outrés », » L'ennemi de toute peinture est le gris , « Que l'artiste ne craigne jamais de dépasser la mesure ». M. Matisse, vous vous l'êtes laissé dire. Et André Gide d'exalter, en terminant, contre- Les outrances de Matisse et de ses disciples, le « juste milieu » en ces termes : L'art n'habite pas les extrêmes-, c'est une chose tempérée. Tempérée par quoi? Par la raison, parbleu! Mais par la raison raisonneuse. Ennuyés par une levée pareille de boucliers, les dirigeants du Salon d'Automne, faute de pouvoir en évincer ces << incohérents » qui trouvaient des défenseurs dans le comité, Desvalliéres et Rouault en particulier, décidèrent l'année suivante de faire la part du feu en parquant les «invertébrés» dans une manière de ghetto. Camille Mauclair l'atteste dans Art et décoration (1906)

Si l'on considère l'ensemble de sa carrière, la période fauve apparaît comme une brève embardée, une «erreur de jeunesse», expiée d'ailleurs dès l'hiver 1907-08 en brûlant plusieurs toiles.

Son flirt avec le cubisme après un passage à la  source cézanienne

En dépit de ce scandale le Fauvisme était désormais célèbre et l'histoire de l'art comptait un nom de plus. Mais à peine s'imposait-il à l'attention  de tous  que, brusquement, il prit fin.A partir de ce jour, Derain tourne le dos au radicalisme en art et, après un court «flirt» avec le cubisme, il remonte la source jusqu'à Cézanne et pose les bases d'un art qu'il veut construit et équilibré.

Son intérêt pour l'art nègre

Dés 1904-1905 Derain a passionnément analysé Cézanne; à partir de Cézanne , Derain analyse l'art nègre; au cours de l'année 1906 on peut lire dans son oeuvre sa double réflexion sur le cézannisme et l'art nègre. Son importance comme précurseur de l'intérêt porté à l'art nègre ne fait que grandir. Les lettres qu'il adresse à Vlaminck révèlent ce besoin de trouver des appuis. Les réussites plastiques de la statuaire nègre qu'il acheta à Vlaminck pour la somme de 20 francs sont la preuve que l'art primitif a su exprimer la nature de façon pure.Cette statuette bouleversèrent Picasso et Matisse lorsqu'il la virent.

Ni matisse, ni Derain, ni Picasso ne pouvaient savoir que la découverte d'une parenté entre Cézanne et l'art nègre notamment sur le conctructivisme et sur  la forme structurale , leur permettraient de renouveler la peinture et la sculpture.C'est par un cheminement mené chacun de leurs côtés et par un échange de leurs réflexions en confrontant leurs travaux  qu'ils ont osé rompre les derniers liens qui les attachaient à leur peinture d'origine. c'est au cours des années 1906-1907 que tout va se jouer. Elle a  influencé Picasso dans la réalisation de son tableau les demoiselles d'Avignon

 

 

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Notes biographiques.

1880 Né è Chatou, le 10 juin  La solide instruction qu'il reçoit au Collège Chaptal ne le détourne pas de sa vocation artistique. 1898 Après avoir travaillé à Chatou avec un certain Jacomin Derain entre dans l'atelier de Carrière, où il  se  lie  d'amitié  avec  Matisse.   1899,  il fait la rencontre de Vlaminck. A eux deux, ils forment « l'École de Chatou ».  1905, Expose au salon d'automne; Derain peint à Collioure, en compagnie de Matisse des toiles d'un fauvisme exaspéré. 1908  il se lie avec Braque,  il marque, les années suivantes, un souci inverse d'austérité, un besoin de solide composition et se laisse plus ou moins séduire par l'exemple des cubistes.  1912,  La révélation qu'il a,des Primitifs de Sienne et de Ferrare l'incite à l'archaïsme. La guerre, pendant laquelle, mobilisé, il ne cessera de réaliser, fut-ce en usant de moyens de hasard, dessins et peintures, voire sculptures, mettra fin à la manière « gothique ».  1920, le Midi de la France et l'Italie, où il peint d'abondance, amènent son art à une sorte de classicisme,1930 comme le prouve une importante exposition de ses œuvres organisée chez Paul Guillaume . Derain a exécuté divers décors de théâtre et illustré par différents procédés le Satiricon, Pantagruel et les Contes de La Fontaine, entre autres. 1954, Renversé  par une automobile, il est mort, le 2 septembre  dans une clinique.

Son voyage à Londres                 Cathédrale de St Paul             Gare de Victoria

Derain  réalise sa Danse de 1908 et ses baigneuses ; ses deux tableaux sont dans la ligne tracée par Braque qui après avoir vu les demoiselles d'Avignon de Picasso exécute son fameux nu en 1907. Matisse réalise son nu bleu, souvenir de Biskra (1907). Les baigneuses de Derain et le nu bleu de Matisse feront sensation au salon des indépendants de 1907. Un critique écriré " les simplifications barbares de M. Derain ne me heurtent pas moins que le nu bleu de Matisse; des marbrures cézanniennes verdoient sur les torses des baigneuses enfoncées dans une eau terriblement indigo"

Son expérience de la  1ère guerre mondiale

Après quatre ans passés au front, Derain est de retour à Paris en 1919.Il  commence immédiatement les décors ci costumes de lu Boutique fantasque pour les Ballets russes, peint beaucoup et connaît un succès croissant, tant en France qu'en Allemagne.De l'expérience de la guerre («...toujours le canon, la boue, la pluie et la poussière, rien à bouffer, rien pour se coucher, et toujours comme ça, toujours sans répit...», écrivait-il, du front, à son ami Vlaminck), on n'en trouvera aucune trace dans sa peinture...

La période des Grands nus

c'est  dans l' année 20, que commence  sa période des grands nus  . L'artiste continuera cependant à cultiver ce genre, dessinant quotidiennement d'après le modèle vivant, jusqu'à la fin de sa vie.   Derain reprend ses recherches là où il les avait laissées, c'est-à-dire qu'il reprend son intense dialogue avec la tradition, dialogue commencé dès avant sa période fauve, avec  la fréquentation assidue du musée et la pratique de la copie d'après les maîtres. . Qu'en est-il alors du nu dans l'œuvre de Derain ? La représentation du corps humain étant une clé de voûte de tout l'art occidental, comment l'artiste, si attentif à la tradition, inventât -il ce thème? En ces années 20, marquées par un «retour à l'ordre», il n'est pas le seul à se tourner vers la grande forme classique : Picasso lui-même y puise largement, retrempant son inspiration dans les rythmes monumentaux de l'art antique et de l'art renaissant. Mais, alors que l'Espagnol s'approprie les sources et les plie au gré de ses nécessités artistiques, Derain, lui, a tendance à se fondre dans le moule des références qu'il se choisit, au point que celles-ci apparaissent parfois presque comme des citations. Dans les Deux femmes nues et nature morte de la collection Lévy, le rapport du nu et de la nature morte est directement, emprunté à Caravage. Le très beau Nu devant

                          Cassis 1907

                                                                                                 Montagne de Collioure 1906