Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous Ecole de Barbizon Tapez le sous marqueur eStat'Perso

 École de Barbizon(1838-1875)
l'âge d'or  du vrai  paysage

Rupture des paysages historiques et naissance de la peinture de paysages vrais et sincères

Dès le milieu du XIX e siècle, une rupture décisive avait bouleversé la peinture de paysages historiques qui  cessait d’être un simple fond, servant de décor à l’arrière-plan d’une composition  comme on le distinguait dans les paysages   des peintres du Quattrocento.

 Fragonard avait déjà montré la voie, en reproduisant  en atelier les paysages croqués sur papier.

Mais c'est au début du XIXe siècle que. les peintres anglais Constable et Turner apportèrent  La peinture brossée en plein air; Elle permettait de saisir la sincérité des paysages observés relevée dans leurs vrais  couleurs et   sous leur meilleur éclairage .

  L'engouement pour le paysage qui suivit fut tel que l’académie des beaux-arts, prenait la décision de créer, en 1817, un prix de Rome de « paysage ».cet enthousiasme pour une vision plus proche de la nature fut facilité  par la récente industrialisation des tubes de peinture conditionnés dans des vessies transportables.  

Ces nouveaux procédés offraient   aux peintres les moyens de traduire sur leur toile la variété et les détails des espèces et des textures végétales, et de représenter les jeux de lumière exercés sur les paysages, et les  sous-bois ; le Salon de 1824, qui révéla Constable au public français leur fut un révélateur de cette nouvelle vision des paysages.

Naissance de l'école de Barbizon

les peintres fuyant la capitale  se réunirent  en séjournant dans les villages de  Moret sur Loing, de Marmotte, de Chailly en Bière et dans le hameau de Barbizon   tous localisés à proximité de la forêt de Fontainebleau.  Ces peintres établirent le fondement de l'école de Barbizon de 1838 à 1875; Ce sont  Corot, Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Daubigny, Troyon, Diaz , Dupré; Ils  ont affirmé, défendu et illustré cette vue nouvelle. 

Ils recherchaient un contact direct avec la nature et, pour retracer avec exactitude la vie à la campagne, ils observaient les scènes de la vie quotidienne, les paysans se livrant aux travaux des champs et des bois ; Millet peignit ainsi  L’Angélus ; Les Glaneuses, ,  Troyon, Daubigny, Rosa Bonheur les animaux.

Les impressionnistes intrigués

Monet, Renoir, Sisley et Bazille intrigués par ce nouveau contexte quittèrent l'atelier parisien de Gleyre en 1863 pour se retrouver à l'auberge du cheval blanc à Chailly sur bière. la rencontre et les échanges entre ces futurs « impressionnistes »et les fondateurs de l'école de Barbizon  se révélèrent riche de promesse  Nos quatre impressionnistes en tirèrent un large profit et une dette envers leurs prédécesseurs En 1892, Sisley déclara au critique Adolphe Tavernier : « Quels sont les peintres que j’aime ? Pour ne parler que des contemporains : Delacroix, Corot, Millet, Rousseau, Courbet, nos maîtres. Tous ceux qui ont aimé la nature et qui ont senti fortement. »

Les peintres de l'école de Fontainebleau

Théodore Rousseau (1812-1867)

Il  s’impose comme le représentant le plus complet du groupe. Beaucoup plus attaché que ses camarades à Fontainebleau et à Barbizon où il passa régulièrement ses étés Rousseau retint certains motifs précis qui prirent dans son art une valeur presque obsessionnelle : taillis, fourrés et forêts denses  paysage rocheux, escarpé et broussailleux,  torrents de montagne Millet écrit à Sensier:" Rousseau  est pendant des heures, immobile sur un rocher comme un capitaine sur sa dunette, il a l’air de faire son quart. Il ne peint pas, il contemple, il laisse ses chers arbres lui entrer lentement et profondément dans l’âme."...La forêt, le silence, la solitude, Rousseau les aime encore mieux que moi. Il y est comme le marin sur la mer.

Cependant, deux personnalités de premier plan, dont la position est particulière dans l’histoire du groupe, se détachent : Jean-François Millet et Charles Daubigny.

Jean-François Millet (1814-1875), 

à l’occasion peintre d’histoire et peintre religieux, marqua de sa participation les travaux du groupe par l’inclusion, dans le paysage, de l’homme attaché à la nature et à la vie des champs. Il s’agissait là d’un thème, populaire dans la littérature et la poésie dès les années 1830, qui affirmait l’innocence de l’homme rural en l’opposant au flétrissement humain qui accompagne la civilisation urbaine et industrielle. Cette idée, on le sait, trouva sa meilleure audience dans les milieux socialistes des années 1840. Après avoir pratiqué l’histoire, le portrait et le genre, Millet, déjà entraîné à exprimer la noblesse d’attitudes que donne à l’homme la pratique du travail manuel , se rapprocha de Barbizon en 1848, année qui marqua le début d’une amitié intime avec Rousseau. Les sujets qui l’avaient attiré jusque-là se trouvèrent modifiés et élargis par la place qu’il accorda au paysage ; se souvenant de scènes observées dans sa Normandie natale, Millet entreprit des séries de peintures et de dessins qui décrivaient, de façon légèrement mélancolique, la grande tendresse de l’artiste pour l’assujettissement de l’homme rivé aux champs. À l’exemple des grands maîtres du passé, Millet rechercha une expression calme, robuste et monumentale, qui pût traduire la dignité originelle du travail et en exprimât la noblesse. Il pratiqua des styles et des techniques variés : à ses débuts, il peignait d’une touche lourde dans une manière tonale proche de celle de Daumier, sur lequel il exerça une influence profonde, et dans le choix des sujets et dans le style. Sa palette s’éclaircit progressivement : après 1860, alors qu’il était de plus en plus attiré par le croquis dessiné et le pastel, sa technique à l’huile se trouva modifiée dans le sens qui était commun aux peintres du groupe de Barbizon : les séquences de tons clairement articulés, à la mode au début du siècle, firent place à un langage dans lequel les combinaisons de couleurs modifiaient les valeurs tonales : la gamme des reflets colorés s’en trouvait accrue, tandis que les ombres opaques s’éclaircissaient par la multiplication de touches dont la disposition nerveuse et serrée faisait miroiter les surfaces.

Charles Daubigny (1817-1878)

le nom de Charles Daubigny (1817-1878) est lié pour souligner dans le paysage l’intensité de la couleur plus que l’économie de la lumière  La contribution qu’il apporta aux efforts des peintres de Barbizon fut tardive mais décisive pour l’évolution de la peinture de paysage vers la fin du siècle : Daubigny, lui aussi, se confina dans un type de sujets très limité, séduit par le paysage « pur », plus attiré que ses camarades par les perspectives de rivières, d’étangs et de végétation aquatique sous des ciels hauts et aérés. Dès les années 1850, Daubigny peignait systématiquement sur le motif, dans l’Oise, le Morvan ou sur les côtes de la Manche, s’intéressant surtout aux phénomènes de lumière et de couleur liés aux reflets des objets dans les eaux tranquilles. Fasciné par la richesse colorée de ces reflets, Daubigny, qui remontait rivières et canaux dans un bateau-atelier vite fameux, rendit populaire cette façon nouvelle de travailler directement sur la nature. Fixer rapidement les transformations colorées des objets sous la lumière mouvante devint la mission essentielle des jeunes impressionnistes dont certains, tels Monet et Cézanne, travaillèrent avec Daubigny. Au terme de leur évolution, les peintres de Barbizon en arrivèrent à recommander l’emploi d’une palette claire et la multiplication des touches de couleur posées avec variété et liberté. Dès 1850, Daubigny fut violemment critiqué pour négliger – plus encore que ne le faisaient les autres peintres du groupe – le « fini » traditionnel.

 

 

 

  

C’est dans la voie tracée par Rousseau, le plus « puriste » des peintres du groupe de Barbizon, que se placent un grand nombre d’artistes aux styles personnels L'école de Barbizon comprend plus de soixante peintres, pour la plupart français, mais aussi quelques étrangers nous en avons sélectionné quelques uns:


DIAZ DE LA PEÑA NARCISSE VIRGILE (1807-1876)


Fils d’un exilé espagnol, Narcisse Virgile Diaz de la Peña a une jeunesse errante : de Bordeaux, sa ville natale, à Paris en passant par l’Angleterre ou le Languedoc. Jeune apprenti dans une fabrique de porcelaines de Paris, il s’initie à l’emploi des couleurs et fait la connaissance des peintres Jules Dupré, Raffet, Troyon. En autodidacte, il essaie de peindre les environs immédiats de Paris avant d’étudier au Louvre les luministes : Corrège, Rembrandt, Prud’hon. De 1831, date de son premier envoi au Salon, jusqu’à sa mort, il connaît un succès relativement rapide auprès des collectionneurs et auprès des artistes qui vont devenir ses amis : Théodore Rousseau, Corot, Millet et Daumier. À cause d’une infirmité,mordu par une vipère, il eut la jambe amputée, le paysagiste ne vivra pas l’aventure des voyages, et cet admirateur de Hugo et de Delacroix ne verra que l’Orient de Decamps. En 1836 (année de sa rencontre avec Rousseau), il devient amoureux de la forêt de Fontainebleau où il trouve l’essentiel de ses motifs, choisis avec grand soin . Bientôt viennent se grouper autour de Rousseau, installé dans le village de Barbizon, des peintres qui vont faire éclater le cadre étriqué du paysage académique


Jules Dupré


. Fort apprécié pour ses paysages, considéré souvent comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme, Jules Dupré est issu de cette génération de peintres qui, à partir de 1830, formèrent autour de Théodore Rousseau l’école de Barbizon, l’une des tendances du courant réaliste L’année suivante, Dupré expose pour la première fois au Salon sept paysages, parmi lesquels Intérieur de forêt dans la Haute-Vienne, Vue de L’Isle-Adam et Intérieur de cour, où se révèle l’influence de Cabat, Huet, Flers et plus particulièrement de son ami Théodore Rousseau dont il partageait les exigences à l’égard de la nature. Il en discutait souvent à Barbizon, près de la forêt de Fontainebleau, à l’auberge du père Ganne, où avaient coutume de se réunir les grands paysagistes du moment. Dédaignant les sujets historiques ou anecdotiques, Dupré trouvait dans la nature une juste réponse à son désir profond de solitude


TROYON CONSTANT (1810-1865)


Troyon est un peintre réaliste , et appartient à cette admirable pléiade de paysagistes où figuraient Théodore Rousseau, Diaz, Dupré, Flers, Français, suivant Paul Huet, qui avait rapporté d’Angleterre le nouvel évangile. Troyon incarne le mouvement de rénovation dans le paysage dont Turner et Constable avaient été les initiateurs. Le vrai Troyon naît vers 1843, date à laquelle il rencontre Théodore Rousseau et Jules Dupré. Il suit les conseils du premier, peint avec eux à Barbizon et, sous leur influence, va s’inspirer directement du réel. Sa facture devient moins compliquée, « l’ensemble avait gagné et on put, dès lors, le compter au nombre de ceux qui savaient voir » (Hustin). Troyon fut un des défenseurs de la thèse du naturalisme. De même que Flaubert écrit « nous ne devons songer qu’à représenter », Troyon consigne : « Le peintre doit s’attacher à montrer la nature présente et agissante autour de ce qui vit. » « Autour de ce qui vit », ce sont les animaux pour Troyon
En tout cas les suiveurs, alors, ne se comptaient plus, tels Rosa Bonheur , et Jules Breton. 


Claude Monet


Comme Boudin l’avait fait pour lui, Monet convainc ses camarades d’aller peindre en plein air, dans la forêt de Fontainebleau. L’été 1865, il réalise une ambitieuse composition dont les fragments sont aujourd’hui au musée d’Orsay, à Paris, un Déjeuner sur l’herbe , reprenant, sous une forme plus réaliste et contemporaine, le thème de Manet. Sous les arbres, des personnages grandeur nature – posés par Bazille et Camille, la compagne de Monet – sont traités à touches larges de couleurs hardies, dans un style fruste et spontané, radicalement opposé au « léché » académique. Jusque vers 1866, plusieurs influences se combinent chez Monet : celle de Corot, par exemple, dans Le Pavé de Chailly (1865, musée de Copenhague) ; celles de Courbet et de Manet

L’histoire de la révolte de Barbizon le petit Poucet envers la commune de Chailly en Bière 

Aux environs de 1848, Millet et le mélancolique Rousseau s’installent à Barbizon, c’était un hameau perdu au milieu de landes et de bois habités par de pauvres bûcherons et de laboureurs de « champs maigres ». Barbizon était alors un hameau de Chailly-en-Bière. Les peintres qui vivaient à Barbizon ou qui visitaient régulièrement le hameau n'étaient pas conscients de participer à son développement. 

En moins d’un demi-siècle, ce développement fut impressionnant. A l’aube de 20e siècle, le chemin de fer du PLM amenait les touristes jusqu’à Melun et bientôt le tramway les conduirait de Melun à Barbizon via Chailly-en-Bière. Chailly, voué à l’agriculture, fonctionnait au gré des saisons, de récoltes en récoltes. A partir des années 1850, le chemin de fer permit d'accéder à Melun ou Fontainebleau encore plus rapidement, même s'il restait encore une dizaine de kilomètres à faire à pied pour arriver jusqu'à la "terre promise", avant qu'à la fin du 19ème siècle un petit train ne soit créé de Melun à Barbizon. 

Ainsi, Barbizon le petit poucet supplante peu à peu l'ogre Chailly, d'abord par l'affluence des visiteurs mais aussi par la qualité de cette société cosmopolite de peintres, d'écrivains et de musiciens. 
Un vent de révolte gronde dans le hameau. de Barbizon
Petit à petit ses capacités d’accueil augmentent, on compte bientôt 5 hôtels, des villas, et des locations en meublés . Les peintres, hommes de lettres et excursionnistes affluent.
En 1896, la commune de Chailly compte 1162 habitants dont 391 à Barbizon.
La population du hameau est mécontente: le cantonnier communal est presque inconnu à Barbizon, l’église, la mairie, le cimetière sont à 3 kilomètres.
Tous les commerces sont installés à Chailly, . Tant de bénéfices commerciaux réalisés par le hameau joints aux apports d’impôts sont insupportables !

Des propos autonomistes circulent, la création d’une commission syndicale est envisagée. Le 24 juin 1900, le Maire de Chailly tempête et s’élève vigoureusement contre le projet d'autonomie et met en demeure Barbizon de citer des faits illustrant leurs revendications et griefs.
Le 5 août 1900 la section de Barbizon de la commune de Chailly-en-Bière obtient la majorité absolue  au cours d'un vote syndicale.  l’érection de Barbizon en commune séparée »est prononcée. 
Le 20 novembre 1903,  Barbizon devient officiellement une  commune séparée