Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous James Ensor 1860 marqueur eStat'Perso

 

James Ensor
1860-1949
Aux multiples facettes et facéties

 

James Ensor est né à Ostende en 1949; Figure originale il domina la peinture belge de son époque. Il commença à peindre sous l'influence de Manet et Degas et des symbolistes de l'époque qui renoncèrent à exprimer les apparences au profit des idées. Sa particularité se trouve dans l'exceptionnelle ardeur vitale qui lui fait apprécier les êtres et les choses jusque dans les aspects les plus positifs et matériels dans un débordement de joie qui entraîne tout et chacun dans des rondes triomphantes.
On a comparé sa carrière à un film montrant à l'accéléré près d'un demi-siècle de peinture, allant du naturalisme à l'expressionnisme et au surréalisme en passant par l'impressionnisme, le symbolisme et le fauvisme. On ne peut donc associer son nom à un style pictural défini; il les transcende tous. Méconnu pendant ses années de génie, il fut fêté dans sa vieillesse, alors qu'il ne faisait que se survivre.

Tendance IMPRESSIONNISTE


Lors de l'exposition des peintres impressionnistes français à Bruxelles, beaucoup d'artistes découvrirent leur technique et leurs couleurs éclatantes. Ensor aussi, suit cette tendance, tout en restant très loin des œuvres françaises. En 1886, il éclaircit sa palette, et réalise des études sur la lumière, omniprésente et astucieusement brossée, dans de grandes compositions extérieures.
On dira d'Ensor qu'il pousse l'impressionnisme jusqu'au tachisme. La Chute des anges rebelles (1889), La Tentation de saint Antoine (1887) sont en effet tachistes et plus que fauve.

Tendance SYMBOLISTE


C'est dans le contexte du symbolisme que se comprennent le mieux les grands thèmes ensoriens: le masque , le Christ, le squelette, l'autoportrait;Née au sein du mouvement symboliste belge,cette thématique se précise : Le masque, d'abord ornement, ne tarde pas à devenir humain. La face humaine lieu par excellence d'expression est assaillie et portée vers ces ultimes retranchements. Elle exprime la laideur, les grimaces , les tares et les angoisses. C'est la nature qui se désagrège qui fond en pourriture. C'est l'essence même de la vie qui est gangrenée par l'absurde et que seule une sagesse suprême peut sauver. Le masque est devenu pour lui le symbole de l'hypocrisie,

L'influence des peintres flamands ses aînés


Les peintres flamands, ses aînés, dont la caractéristique la plus marquante demeure le goût de la truculence de la kermesse sont aussi ceux qui abordent la vie avec la plus ardente piété. James Ensor repris La cene dernier repas du Christ comme le fit les peintres belges, ses aînés, ci-dessous mentionnés ( P.Coecke, De Groux, J.Smits et E. Tytgat). Il donne comme eux un sens sacré aux victuailles, une valeur d'aliment spirituel. C'est le poisson emblème des premiers chrétiens qu'il porte sur la toile illustrée ci-dessous.

 

 

 

 

L'influence de Jérôme Bosch                


Cette foule grouillante d'êtres absurdes qui entoure le chemin de croix du Christ illustré ci-dessous a influencé James Ensor dans son oeuvre de l'entrée du Christ à Bruxelles Une porte s'ouvre sur un monde . Le réel et l'irréel se toisent. Dans la mêlée du calvaire du Christ souffrant de Jérôme bosch se débattent les hommes à gueules de haine et de vengeance.


"L'art belge verse à tout moment dans la démesure" écrit Paul Hensaerts; Ses artistes se mettent à empoigner la vie en une ardeur brutale: le chahut de ses fêtes, ripailles et kermesses en sont le thème le plus usité. Ensor n'échappe pas à cette avidité primitive. Il reprend dans ses visages ci-dessous exposés l'observation de Jérôme Bosch qui avec une ironie attristée exprime dans ses visages grimaçants des agissements des hommes.

L'influence de Goya                                   


José de Goya peignit ce tableau des vieilles au miroir au cours des six années de retraite dans la maison du sourds où il fut exilé atteint de demi paralysie et de surdité. Ces femmes qui voient les ravages du temps dans un miroir ont influencé James Ensor aux heures les plus agitées de sa vie; cet artiste marginal et irritable se sent de plus en plus rejeté et méprisé. Il s'isole de plus en plus des autres artistes, même des plus novateurs, ne parvenant pas à extérioriser ses frustrations de jeunesse alors qu'il était refusé aux Salons, et que la presse le tournait en dérision. Il peignit ces squelettes et ces loqueteux . Ainsi, Le sarcastique Ensor se pose l'ultime question de l'absurdité du monde et des ravages des êtres.


En vieillissant, Ensor sera tenté par le théâtre et composera la musique, les costumes et les décors d'un opéra-ballet, La Gamme d'amour. Tout au long de sa vie, il fut aussi paysagiste, peintre de la mer et des dunes. Paradoxalement, ses plus beaux paysages luministes sont des eaux-fortes. Son œuvre gravé compte d'ailleurs cent trente-trois planches, à propos desquelles on peut évoquer Goya;



L'art Belge: Ensor juste après Rubens


  Bien qu'il n'ait pas formé d'élève, tous les peintres belges contemporains se reconnaissent une dette à son égard. Son influence fut très grande dans les pays germaniques et nordiques ainsi qu'aux États-Unis. Il fut le " précurseur " de nombreux peintres : Frits Van den Berghe et Alechinsky, Nolde, Heckel, Grosz, Kubin, Klee, Jorn... Peintre des masques et des squelettes, individu solitaire, tourmenté par ses démons, il incarne l'inquiétude moderne, l'esprit de provocation, le conflit entre l'artiste et la société. Ses incursions dans le fantastique, sa fuite hors du réel touchent la sensibilité contemporaine plus que l'évasion d'un Gauguin vers un Éden mythique. En 1929 il est anobli au titre de Baron. sa flamme artistique s'éteint progressivement . Il meurt dans sa ville natale en 1949.
 

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