Paul Gauguin l'épreuve d'un peintre bourlingueur solitaire marqueur eStat'Perso

   Paul Gauguin

1848-1903

Le précurseur de la peinture contemporaine; son art fit lever le mouvement des Nabis

 

 

 Gauguin l'aventurier                     

Naissance de Paul l’année des barricades
Paul voit le jour le 7 Juin 1848. 15 jours plus tard, les barricades se dressent dans Paris à la suite de l’abolition des ateliers nationaux.Le Prince Louis Napoléon Bonaparte, élu Président de la République étouffe la révolte par son coup d’état. Clovis Gauguin et ses camarades du National, organe du parti Radical n’a pas d’autre issue que l’exil.En 1849, la famille Gauguin,embarque pour le Pérou. Le voyage est déjà une aventure qui va tourner au drame. A la pointe de la Patagonie, Clovis s’écroule, tué par une rupture d’anévrisme. Aline, la jeune veuve et ses 2 enfants est accueillie à Lima par son grand-oncle, Don Pio, dont la famille est devenue une des plus puissantes du Pérou. Paul va s’éveiller à la vie péruvienne pendant 6 ans. A la mort de ce grand-oncle, les Gauguin rentrent en France. Ce retour au sol natal est pour Paul un dépaysement.. Il comprend mal le français et prend peu d’intérêt à l’étude.Il brode, il imagine, il rêve. « l’Inca est venu tout droit du soleil et j’y retournerai». Il a la nostalgie du voyage. 

Matelot, Paul Gauguin retrouve l’Amérique du Sud

 A 17 ans, il s’engage dans la marine marchande. De ce quai du Havre ou s’était embarqué Manet en 1848, comme matelot, Paul voit à son tour s’éloigner les côtes de France; La destination est la même : Rio de Janeiro. En retrouvant le continent de son enfance, le Jeune matelot est heureux. Par le détroit de Magellan, à Port -Famine, Paul se rend sur la tombe de son père; Puis se dirige vers Panama , les îles polynésiennes, puis les Indes. Là; Il apprend que sa mère s’est éteinte.

 Initiation à la peinture et rencontre des impressionnistes

 Il rentre alors en France où sa soeur l’attend.La guerre contre la Prusse vient d’éclater. Paul erre sur les mers du monde et connaît aux escales les amours de rencontres. La maison de St Cloud où vit sa soeur a été incendiée par les prussiens. Paul Gauguin reprend la vie à zéro.C’est auprès des Arosa, un ami de sa famille qu’il va s’initier à la peinture.Il rencontre une jeune danoise , Mette Sophie Gad, qu’il épouse en 1873. Elle lui donnera 5 enfants. Avec son ami Émile Schuffenecker, un collègue de bureau, peintre amateur, il va peindre en banlieue. Chez les Arrosa, il rencontre Pissarro; C’est la providence des élus; Il lui conseille de peindre clair.En 1876, Gauguin se voit accepter un petit paysage par un salon. Face à la «bande à Manet » il se tient sur ses gardes. Il ne veut pas se rallier à leur peinture nouvelle. Il veut s’affirmer en chef. Son tempérament l’écarte des subtilités de Monet. Il rencontre Puvis de Chavannes, regarde peindre Cézanne auprès de Pissarro à Pontoise. Il s’oppose à Manet qui le traite de dictateur au sujet du choix des participants à l’exposition de 1882. Gauguin parle, en effet, de se retirer si Degas maintient la participation de ses protégés. Tout rentre dans l’ordre grâce à l’intervention de Renoir et de Monet.. Caillebotte accepte en effet ,de participer à cette exposition.
L’épreuve de la misère et de la solitude
 Gauguin lâche la Bourse après l’ébranlement des marchés financiers.Il décide de se consacrer entièrement à la peinture. C’est pour lui une nouvelle aventure qui commence; Seul le triomphe en est l’issue. Très vite il rencontre des difficultés. Sa femme, Mette perd confiance et décide de rentrer au Danemark. Gauguin va commencer l’apprentissage de la misère et de la solitude. 
 Dans le froid de l’hiver, il se retrouve avec son fils, n’ayant pour subsister que du pain. L’enfant fiévreux tombe malade. Le père le soigne comme il peut. L’épreuve de la misère ne parviendra pas à l’abattre.Il n’a qu’une certitude : sa peinture. Il se brouille avec Seurat et du même coup refuse d’exposer au salon des indépendants dont Seurat est le Président. Avec le peu d’argent qui lui reste, il décide d’aller vivre en Bretagne

Séjour à pont Aven: l'audace

Le premier séjour à Pont-Aven va durer tout l’été.Gauguin prend pension à l’auberge Gloanec; il emploie ses loisirs à l’escrime, à la boxe et à la nage - mais aussi à sa peinture. Il expose parfois, entre quelques sarcasmes des autres peintres «salonnards sans imagination» ses idées au cours des longues soirées dans la salle d’auberge où les peintres se réunissent. Il y a là Émile Bernard, Charles Laval.
Ce dernier lui vante les terres ensoleillées des Tropiques et cette île Tobago, en face de Panama. Il partira pour cette île en espérant y vivre comme des sauvages « sans inquiétude du jour ni du lendemain». Très vite, il déchantera de ses espérances. A court d’argent, il se fait embaucher comme terrassier au creusement du canal de Panama. Son but? Amasser un peu d’argent et partir pour la Martinique. Il y parviendra et s’installera en compagnie de Laval à St Pierre. Tous deux tombent malades; ils sont atteints de dysenterie et de fièvre paludéenne contractées à Panama. « Je suis dans une case à nègre, couché sans force, sur une paillasse sans un sou «. il continue pourtant à peindre. « Jamais je n’ai eu une peinture aussi claire»
De retour en France, il ira s’installer de nouveau à l’auberge Gloanec; Les peintres sont revenus. Gauguin tombe amoureux de la fille d’Émile Bernard, Madeleine. Elle a 17 ans. Bernard a des idées qui rejoignent celles de Gauguin et peut-être les influencent. D’où le différend qui 3 ans plus tard brisera leur amitié. Le génie instinctif de Gauguin prend mieux conscience à la lumière des théories de Bernard.Depuis des mois, Vincent Van Gogh le presse de venir le rejoindre à Arles, où il pourrait travailler à bon compte, tandis que Théo Van Gogh assurerait nourriture et logement contre une part de sa production. Il décide de gagner Arles.  


Séjour à Arles: le drame

un matin d’automne, Gauguin est là, sûr de lui, méfiant, pas un mot de remerciement pour Vincent Van Gogh qui a préparé sa venue avec tant d’amour. Paul regarde distraitement les toiles dont Vincent a décoré la maison. c’est un homme aigri. il critique tout: le pays, les gens,les relations de Vincent. Gauguin qui a déjà pris à Pont - Aven l’habitude de jouer les chefs, se propose de lui donner des leçons. Les discussions éclatent, les relations se tendent. C’est le drame. Le 24 Décembre, en pleine place, Vincent se précipite sur Gauguin un rasoir à la main avant de se trancher l’oreille dans un geste d’autodestruction. Gauguin repart pour Paris laissant Vincent à son triste sort.

 Tahiti les îles marquises symboles de son génie.

Après un court séjour au Pouldu, en compagnie de Sérusier, Il s’embarque seul pour Tahiti. Rien ne peut le retenir, pas même cet amour tout neuf que lui apporte Juliette Huet, une petite couturière. Il débarque à Papeete et s’installe à Mataïea. Il loue une case, au pied de la montagne et des végétations aux couleurs éblouissantes : l’éclat des mangues et du tiaré, les fougères arborescentes et les pandanus aux larges feuilles s’étendent auprès des eaux du lagon.
Un jour, une jeune fille rentre dans sa case,; elle a 13 ans; C’est Téhura. Elle deviendra son modèle, son épouse. C’est par elle qu’il va rentrer dans la phase essentielle de son oeuvre. En quelques mois, il brossera 70 toiles qui sont toutes, au delà de la féerie des formes et des couleurs, un appel mystique aux dieux oubliés

« Dieu n’appartient pas au savant, au logicien. Il est aux poètes, au Rêve. Il est le symbole de la beauté, la beauté même « s’écrit-il.
Gauguin aime transposer les thèmes religieux en visions exotiques. Ainsi celui de la Salutation. Angélique est devenu une scène fort poétique de maternité tahitienne, d'un charme innocent et pourtant naïf, subtil comme un Fra Angelico dont Gauguin a suivi la leçon. Ce témoignage de l'euphorie des premiers mois de l'expérience tahitienne lui paraissait une œuvre très importante.
Par un étrange et infaillible instinct ou peut-être grâce à son intelligence toujours si lucide, Gauguin évite tous les dangers auxquels son art pourrait être exposé : lorsqu'il part pour Tahiti, en 1891, c'est qu'il sent le besoin de fuir la facilité littéraire du symbolisme, au moment justement où il aurait pu devenir le chef de ce mouvement pictural.
Il vient chercher une vision de nature absolument nouvelle, une solitude qui lui permettent de donnera son imagination une pâture nouvelle pour son rêve intérieur. Et par là il devient un grand poète, tel que le définira Mallarmé : " ...un homme qui s'isole pour sculpter son propre tombeau ".
par cette citation : " Dieu n’appartient pas au savant, au logicien. Il est aux poètes, au Rêve. Il est le symbole de la beauté, la beauté même" qu’il approchera sa grande toile dont il veut faire son chef-d’oeuvre ; D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

D’où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

L'interrogation pascalienne est ici toute la philosophie de Paul Gauguin, et le plus terrible cri de souffrance " Qu'il regarde.... ( si toutefois ils ont un coeur pour sentir) et ils verront ce qu'il y a de souffrance résignée. Ce n'est donc rien un cri humain " Le sens profond de la toile est l'atroce désespoir de l'homme, tel celui de Verlaine: " Un sommeil noir tombe sur ma vie. Dormez, tout espoir, Dormez, toute envie".
Détaché de sa famille, ayant perdu sa fille préférée Aline, réduit à l'ultime désespoir, malade, misérable, vivant dans l'angoisse de ne pas recevoir (ou si peu) d'argent des tableaux qu'il envoie en France, Gauguin, décidé au suicide, entreprend une grande toile qu'il avait en tête, une dernière œuvre monumentale, son testament spirituel. Durant tout le mois de Décembre il travaille jour et nuit " dans une fièvre inouïe " J'y ai mis là avant de mourir toute mon énergie, une telle passion douloureuse dans des circonstances terribles et une vision tellement nette, sans corrections, que le hâtif disparaît et que la vie en surgit ".


 

                   Notes biographiques                        

7 Juin 1848.   Paul Gauguin naît d'un père Orléanais,journaliste au  National et  d'une  mère d'origine péruvienne.1851-1855.   Il perd son père au cours d'un voyage au Pérou. Sa famille reste à Lima chez son grand-oncle maternel.1855-1864.   Études à Orléans. 1865.    Il s'engage dans la marine. Voyage à Rio de Janeiro. 1871.   Il entre chez l'agent de change Bertin où il se fait une situation enviable. 1873.    Il épouse Mette Gad, jeune Danoise de bonne bourgeoisie. 1874-1879.   Par son tuteur, l'amateur d'art Arosa, il entre en contact avec les jeunes impressionnistes.  Il fait une collection, peint lui-même, expose au Salon en 1876. Travaille avec Pissarro à Pontoise. 1880-1883.   Participe aux 5",6" et7" expositions impressionnistes.1883.   En janvier il quitte sa banque. « Désormais,je peins tous les jours ! » 1884.   Après un séjour à Rouen, où travaille Pissarro, il part pour le Danemark. 1885.    Il se fâche avec sa belle-famille. Rentré à Paris avec un de ses fils, Clovis, réduit à s'engager comme colleur d'affiches pour vivre. 1886.    Participe  à  la  8"  exposition  impressionniste puis part pour Pont-Aven où il rencontre Émile Bernard. En novembre, retour à Paris où il fait la connaissance de Van Gogh. 1887.   Voyage à la Martinique. Malade, il doit rentrer. 1888.   Second séjour décisif à Pont-Aven où avec Émile Bernard il crée le synthétisme pictural et la technique cloisonniste.  Séjour à Arles auprès de Van Gogh,ils se séparent après la crise nerveuse de Van Gogh qui se tranche l'oreille. 1889-1890.   Exposition des synthétistes au café Volpini Troisième séjour en Bretagne coupé de brefs séjours à Paris. En Octobre 1889, il quitte Pont-Aven pour le Poldu. 1891.    Il fréquente des littérateurs symbolistes, chez Mallarmé, qu'il admire, et au café Voltaire. Afin d'avoir un peu d'argent, il organise une vente de 30 tableaux à l'hôtel Drouot et s'embarque le 4 Avril pour Tahiti. Il s'installe à  40 kilomètres au  Sud de Papeete. 1893.   Malade et sans argent, il rentre pour recueillir l'héritage de son oncle d'Orléans. Exposition chez Durand-Ruel. 1894.   Voyage en Belgique puis à Copenhague où il se sépare définitivement de sa femme. Séjour à Pont-Aven et au Pouldu. Dans une rixe à Concarneau, il a la cheville cassée. 1895.   Décidé à revenir à Tahiti, il fait à l'hôtel Drouot une deuxième vente qui est un échec. En Juillet il arrive à Tahiti. 1897.   La mort de sa fille Aline est la cause de sa rupture avec sa femme. Il  est  désespéré,  malade,  endetté. 1898.   Tentative de suicide. Pour subsister, il fait des travaux d'écriture au Cadastre ; son état physique est lamentable. Il n'a pas de ressources.1900 Le marchand de tableaux Vollard lui fait un contrat qui lui permet de travailler sinon de gagner sa vie.1901 va s'installer aux Marquises, a Atuana,dans l'île de la Dominique; mais une mauvaise querelle  avec les autorités locales lui vaut une injuste condamnation. 1903 le 8 mai il meurt

Repères chronologiques                              

1880-1887 impréssionniste  1888-1890  Pont-Aven  1891-1893 Tahiti   1894-1895 Pont-Aven 1895-1900 Tahiti 1901-1903 Îles Marquises

                              Le Nabis                                 

Des grands précurseurs de la peinture contemporaine — Cézanne, van Gogh,Gauguin — c'est Gauguin qui, le premier, exerça de l'influence, non seulement 'à Pont-Aven, dès 1886, et plus encore, plus tard, au Pouldu, une pléiade d'artistes se groupa autour de lui et se réclama de lui, mais surtout parce que c'est son art qui fit lever le mouvement des Nabis.

Ce fut à Pont-Aven que l'aventure commença, en ce jour de septembre ou d'octobre 1888, où Paul Sérusier avait, sur le couvercle d'une boîte de cigares, exécuté un paysage sous la dictée de Gauguin : "Comment voyez-vous cet arbre, avait "dit Gauguin devant un coin du Bois d'Amour : il est vert? Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette-, — et cette ombre, plutôt bleue. Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. Ainsi avait été coloré, si l'on en croit Maurice Denis", un paysage informe, à force d'être synthétiquement formulé, en violet, vermillon, vert Véronèse et autres couleurs pures, telles qu'elles sortaient du tube, presque sans mélange de blanc", — ce fameux talisman (ainsi l'appelait Sérusier) que son auteur rapporta à Paris et, à la rentrée de l'Académie Julian où il était massier, montra en grand mystère à quelques élèves qu'il affectionnait.

 Ainsi furent convertis à l'évangile gauguinien Bonnard, Denis, Ibels et Ranson, prosélytes enthousiastes qui convertirent à leur tour leurs camarades de l'École des beaux-arts, Roussel et Vuillard. Ils décidèrent de former un groupe que, sur l'instigation d'un de leurs amis, l'hébraïsant Cazalis, ils baptisèrent du nom de Nabi (Nabi, en hébreu, signifie prophète), à moitié par esprit de blague, pour avoir une appellation étrange, et à moitié sérieusement aussi, afin de manifester leur désir de régénérer la peinture, comme les Prophètes avaient régénéré périodiquement Israël. En 1891 le groupe s'augmentera d'un Hollandais, arrivé à Paris en février, Verkade, et d'un Danois, Mogens Ballin, que Verkade rencontra le 23 mars au banquet donné en l'honneur de Gauguin. En 1892, le sculpteur Georges Lacombe sera attiré par Sérusier au mouvement, auquel adhèrent la même année le peintre hongrois Rippl-Ronaï, son ami Aristide Maillot et, peu après, le Suisse Vallotton. Les Nabis se réunissent alors chaque mois pour dîner dans un modeste restaurant de l'impasse Brady, «L'Os à Moelle ». Ils se retrouvent aussi chaque samedi dans l'atelier de celui d'entre eux qui est marié, Paul Ranson, 25, boulevard du Montparnasse. Ils l'appellent plaisamment le Temple, y jouent des charades, des pièces de marionnettes, y entendent de la musique, y reçoivent trois ou quatre fois Gauguin, et y discutent passionnément de problèmes artistiques. Camaraderie et gaîté règnent dans ces réunions; chacun reçoit un surnom : Denis, celui de Nabi aux belles icônes, Bonnard, celui de Nabi japonard, Sérusier, celui de Nabi à la barbe rutilante, Verkade, celui de Nabi obéliscal, Vuillard celui, plus modeste, de Zouave-, pour la femme de Ranson, elle est sacrée Lumière du temple. D'autres endroits servent aussi aux Nabis de centre de ralliement : l'atelier que Bonnard, Denis et Vuillard partagent en 1891, 28, rue Pigalle avec le jeune acteur lugné-Poë.

Catholique comme Denis,protestant comme Verkade,  mystique comme Sérusier, agnostiques et laïques comme Ranson, Roussel et Vallotton ,  juif comme Ballin tous se rencontrent dans un vif intérêt pour l'art et la littérature.Ainsi se cimentait une amitié qui-le fait est assez rare pour mériter d'être souligné- devait durer tout au long de leur vie, résister aux différences religieuses et politiques et survivre aux divergences artistiques.Pour les nabis, l'art est avant tout un moyen d'expression, une création de notre esprit dont la nature n'est que l'occasion.Maurice Denis jugeant en 1909 les oeuvres peintes par les nabis vingt ans plus tôt pourra écrire à leur propos que, là, l'art au lieu d'être la copie, devint la déformation subjective de la nature.

L’égérie du socialisme naissant, Flora Tristan, sa grand-mère maternelle.
Dans le prologue de sa remarquable vie de Gauguin, Henri Perruchot a relaté l’étonnante existence de Flora Tristan, la grand-mère maternelle de Paul Gauguin, celle qu’on appela « la fille des rayons et des ombres» et qui fut vers 1840-44 l’égérie du socialisme naissant. Cette femme a parcouru l’Europe, les indes et le Pérou. De ces voyages elle a publié «Pérégrination d’une paria» qui raconte ses aventures et ses rancoeurs. Puis elle entreprend une tournée à travers la France pour parler aux travailleurs des idées qu’elle a pour lutter contre la misère et pour obtenir l’émancipation féminine.Interdite de réunion,elle meurt foudroyée par une congestion cérébrale à Bordeaux.
Sa fille, Aline, la mère de Gauguin, paraît aussi,tendre et aussi bonne que sa mère était impérieuse. Elle épouse Clovis Gauguin,journaliste du National. En 1848, naît Paul. Cette année-là, les ouvriers français font élever par souscription un monument à Flora Tristan dans le cimetière de Bordeaux.

Sa détresse morale                                          

Tandis qu’il entreprend cette toile de 4 mètres de long, Gauguin est dans la pire détresse morale et physique.Il ne sait pas que Clovis, son fils préféré, est frappé de paralysie.Il achève la toile. Puis il absorbe l’arsenic qu’on lui avait donné . Il veut mourir. Les vomissements le sauvent de l’empoisonnement. Il est « condamné à vivre».

Dès qu'il éprouve quelque répit, dès qu'il se reprend à espérer, il recopie et illustre son manuscrit de Noa-Noa ébauché lors de son premier séjour à Tahiti et que Charles Morice a mis au point et fera éditer à Paris Dans l'esquisse ci-dessous exposé "Manao-tupapau, se dévoile son désir de contester l'autorité d'Édouard Manet chef des impressionnistes qui venait de réaliser son célèbre tableau l'Olympia.Gauguin décide de quitter Tahiti afin de trouver ailleurs un renouveau de son inspiration. C’est aux Marquises qu’il s’installera, dans la petite île de Hiva Oa. Téhura refuse de le suivre

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Dans l’île, il rentre en conflit avec les autorités administratives et religieuses. Il prend la défense des marquisiens spoliés et leur conseille de ne pas payer l’impôt. Comme sa grand-mère, Flora Tristan, il devient le défenseur des faibles . Au terme de ce combat qu’il a livré contre la Société de son temps, Il est vaincu une nouvelle fois - Il est , en effet, condamné à 3 mois de prison et 500 francs d’amende - Il n’a plus le goût de peindre. Gauguin a fait appel mais la mort devancera le jugement des hommes. Il meurt seul dans sa case..

Sur la tombe, on a déposé un bloc de pierre ou est gravé son nom et l’année de sa mort(1903). Ses biens et ses toiles furent dispersés aux enchères; La plupart de ses dessins et de ses sculptures furent jetées «aux ordures». Dans sa révolte contre une conception de la peinture " témoin du réel ", il a ouvert les voies suivies par les symbolistes , puis par les fauves et les allemands. Il s'est attaché à entraîner l'artiste vers cette force intérieure qui doit être l'unique objet de l'art. Son exemple connaîtra une exceptionnelle postérité.
 Le temps a apporté à Paul Gauguin la gloire qu’il voulait conquérir.Dieu merci

Galerie des Peintures de Paul Gauguin   

Portant sur le période des débuts impressionnistes, de  Pont-Aven,des îles marquises.19 tableaux présentés