Le radeau de la Méduse 1819 Par Géricault Tapez le sous marqueur eStat'Perso

Le radeau de la Méduse 1819 Par Géricault
Peinture d'histoire qui fait revivre une grande tragédie d'un naufrage en mer

Théodore GÉRICAULT  né à Rouen, 1791 mort à Paris, 1824

 Le Radeau de la Méduse 
  
       présenté au Salon de 1819 et exposé au Louvre Paris
  
    H. : 4,91 m. ; L. : 7,16

brève biographie 
 Géricault est né à Rouen le 26 septembre 1791 d’une famille bourgeoise aisée et même riche qui s’installe à Paris en 1796. L’héritage de sa mère, morte en 1808, lui assure son indépendance matérielle, et il entre cette année-là dans l’atelier de Carle Vernet (1758-1836), en vogue pour ses sujets de chevaux Il recueille les enseignements de l’école néo-classique dans l'atelier de Pierre Narcisse Guérin et se prépare à une carrière de peintre d’histoire.  À la fin de 1814, Géricault s’engage dans les Mousquetaires gris du roi et accompagne Louis XVIII dans sa fuite vers Gand, alors qu’il avait payé un remplaçant pour échapper à la conscription en 1811dans les armées Napoléoniennes. Géricault semble alors se noyer dans le travail et attaque le Radeau de la Méduse, l’immense toile présentée au salon de 1819 sous le titre Scène de naufrage. Il accepte une invitation à exposer son Radeau en Angleterre où il sera très bien accueilli Vers la fin de 1823, la santé du peintre se dégrade rapidement et il s’éteint le 26 janvier 1824.

Un peu d'histoire

Nous sommes en 1816. A la faveur de la violente réaction qui suivit la chute de Napoléon et le retour de Louis XVIII des hommes de l'ancien régime  qui n'ont pas servi depuis plus de 25 ans, sont nommés à des postes et à des commandements. C'est le cas de M. Hugues Duroy de chaumareys  nommé au commandement de la frégate "La Méduse" chargée de transporter le nouveau gouverneur Schmalz au Sénégal accompagné d'un bataillon d'infanterie. La flottille met à la voile le 15 juin 1816.Victime de son inexpérience, le commandant croit reconnaître le cap blanc et fait gouverner le bâtiment tout près des côtes  contre les avis contraires des officiers à bord sur les autres vaisseaux qui accompagnent la belle Méduse. La frégate  touche un haut -fond et se trouve  immobilisée sur un banc d'Arguin. Le commandant continuant à faire preuve d'inconscience, décide d'abandonner  le navire qui entre-temps s'est complètement ouvert. Les canots ne suffisent pas à embarquer les 400 marins, soldats et civils. On construit donc un radeau  où s'entasseront 152 occupants.15 seulement resteront en vie après avoir atteint les plus bas échelons de la dégradation humaine allant pour survivre , jusqu'à faire périr les plus faibles et à manger la chair de leurs camarades morts. Mais cinq des quinze d'entre eux n'ont pu survivre à tant de fatigues et sont morts à St louis.

Géricault peindra sa fameuse composition du radeau de la Méduse un peu plus tard. Il cherchera l'inspiration parmi les cadavres et les visages de suppliciés afin de retrouver les expressions d'horreur, d'angoisse et de misères des occupants du radeau.

Le groupe principal est composé d' Henri Savigny, chirurgien en second  à bord de la Méduse, et d'Alexandre Corvéart  dont le bras étendu vers l'horizon  et la tête tournée vers Savigny indiquent le sens  où se dirige le bâtiment aperçu au large par le capitaine d'infanterie Dupont qui l'annonça par un cri de joie au petit matin  à ses compagnons d'infortune. Découragé et croyant remarquer que le bâtiment en vue, un brick,   faisait une route opposée à celle espérée Corvéart  par un geste essaie de persuader le Chirurgien  que le bâtiment en vue , étant à leur recherche, ne saurait manquer de virer de bord et de les rencontrer avant la fin du jour. Un drap de hamac  se trouvant par hasard sur le radeau avait été changé en une voile de 160 cm de long;Sous la tente faite avec le grand cacatois de la frégate pour se protéger des feux d'un soleil brûlant, Courtade, le maître canonnier de la frégate sort de dessous la tente ; la joie est peinte sur son visage, ses mains étendues vers la mer. Tout ce qu'il put dire, ce fut:"Sauvés!voilà le brick qui est sur nous!

La vue de ce bâtiment répandit une immense allégresse; Des cercles de barrique furent redressés ; Homme soutenu par un des naufragés , monté sur une barrique agite un petit pavillon  alors qu'un autre à ses côtés agite un chiffon blanc tenu dans sa main droite en poussant des cris de joie. auxquels répond M.Coudein  qui se traîne jusqu'à eux. L'une des victimes , presque mourante entend cette clameur; Il parvient à lever la tête en s'appuyant sur son bras droit, le bras gauche tendu vers la mer. Derrière cet homme  exténué de maux et de besoin , se tient Jean Charles, un soldat noir; il n'entend rien de tout ce qui se passe autour de lui; Il est abattu et sa figure reste immobile tenant dans ses bras sa couchette. Plus loin, dans un état d'anéantissement et de douleur, un vieillard  tient couché sur ses genoux le cadavre de son fils expiré. il se refuse à toutes les impressions de joie. que lui importe la vie qu'il va recouvrer? Ce fils qui faisait son espoir et sa consolation vient de succomber. Les souffrances physiques qu'il endure auxquelles s'ajoute cette peine inouïe de voir son fils succombé sont précurseurs du trépas. L'océan  va engloutir  ce corps de toutes ses affections  et de tous ses regrets? cet épisode  est des plus touchants. il fait honneur au travail de Géricault.  qui parvient à toucher la sensibilité du spectateur. Enfin ça et là, des corps morts où des malheureux prêts à rendre le dernier souffle.