Saint Jérôme de Caravage Tapez le sous Alberto Giacometti l'angoisse du sculpteur créant le squelette en mouvement marqueur eStat'Perso

Alberto Giacometti
1901- 1966
l'angoisse du squelette en mouvement

 

l'homme marche à Paris

Sur le boulevard saint Germain un homme marche , Vêtu d'un épais pull-over; il porte au cou une grosse écharpe qui le protège du froid de cette journée ensoleillée d'Octobre 1952. Ses cheveux en bataille encadre un visage bosselé dont le front est marqué par une frange d'épais sourcils..Il approche du café des 2 Magots et se dirige vers la table où se tiennent assis un homme portant des lunettes cerclées d'écaille noire, un mégot de cigarette pendant aux lèvres et une femme aux cheveux tirés et tenus par un chignon. Ses mains sont encore imprégnés de glaise. Il leur serre la main.
Alberto Giacometti leur explique , en prenant une pose tragique, sa dernière obsession. Il a essayé de sculpter une tête et n'a pu y parvenir. Tandis qu'il la modelait en cherchant à suivre fidèlement tous les détails, le nez, les yeux les rides les muscles, sa vision du visage changeait sans cesse,; Sous ses doigts il sentait que la tête s'amenuisait de plus en plus. "Il ne me restait en main que des parcelles de glaise: La tête avait disparu"
"Quand je pense disait-il qu'à l'âge de 13 ans j'étais capable d'exécuter le premier buste de mon frère Diégo avec un résultant satisfaisant; Je ne suis plus capable aujourd'hui d'en faire autant".

Il vit la situation angoissante de l'homme d'aujourd'hui ; l'inquiétude de l'être qui ne veut plus admettre , de principes solides auxquels ils puissent se référer pour éclairer son jugement sur le monde et les hommes. que de chemin parcouru depuis son arrivée à Paris en 1922. où il parfait sa formation dans l'atelier d'Antoine Bourdelle

L'art primitif dans l'oeuvre d'Alberto Giacometti


Puis, En 1926, avec Brancusi et surtout sous l'influence de Laurens et de Lipchitz, Alberto Giacometti se soumet à la discipline cubiste. comme de nombreux artistes de cette tendance , il s'intéresse aux arts primitifs, fétiches africains et archaïques : " La sculpture nègre, mélanésienne ou cycladique est plus réaliste qu'un buste romain ", écrit-il. De cette époque date la Femme cuillère, sa première œuvre monumentale en bronze ci-dessous exposée avec son plâtre (2)
 

Le symbolisme sexuel dans les oeuvres d'Alberto Giacometti

dès 1928 Ses rencontres avec Miro, Masson et Leiris, propulsent Alberto Giacometti, en 1930, dans le maelström surréaliste. Freud et bataille lui permettent de mettre à nu les fantasmes sexuels. Le symbolisme sexuel se fait aussi plus insistant dans l'oeuvre d'Alberto Giacometti. La coloration de l'œuvre est alors souvent l'expression d'un érotisme violent, voire sadique, comme dans la Femme égorgée , la pointe à l'oeil, le spectacle abstrait d'un viol en cage: projection d'un désir toujours impuissant à rencontrer son objet et à se satisfaire et qui, indéfiniment désirant, semble se retourner contre lui-même pour se déchirer.
 

Alberto Giacometti peintre de combat 


En 1935, il entreprend à travers ses toiles (portraits et natures mortes) un retour à la réalité. A 20 ans, en effet, il accompagnait son peintre de père en Italie. Les Tintoret et les Giotto sont pour lui une révélation . Dans son atelier poussiéreux de la rue Hyppolite Maindron à Paris, il s'est acharné à peindre ses modèles: sa femme Annette, son frère Diégo, Jean Genet, James Lord.. effaçant sans arrêt, recommençant tout à zéro et concluant systématiquement chaque séance de pose par un : " C'est abominable, J'abandonne définitivement la peinture"; Chaque fois, c'est une lutte d'influence qui s'engage entre les griffures du crayon, les lacis du pinceau et les coups de gomme. Sur le visage de la poseuse , cerne après cerne, lasso après lasso soudainement apparaissent les orbites qui se creusent et les os qui saillent.

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l'home qui marche

kroller-muller

le chien

musée de zurich

le chat

basle museum

le cheval

3 têtes-croquis

coll.privée

viol en cage

tate gallery londres

buste de diego

portrait d'Annette

Zurich museum

femme à la gorge coupée

le couple 1928

la libellule-1932

objet invisible

vision prémonitoire

d'E.T.

 

Alberto Giacometti influencé par la création artistique de ses aînés

Henri Laurens et Ossip Zadkine: éclosion du style cubiste en sculpture
On assiste en effet , à un renouveau de la création artistique au cours des dernières années de la 1ère guerre mondiale guerre, l'éclosion d'un style cubiste en sculpture qui est le fait d' Henri Laurens et Ossip Zadkine. le travail cubiste de Laurens sur le bloc, par ses réussites, a joué un rôle considérable dans le développement ultérieur de la sculpture moderne. notamment sur Giacometti. Henri laurens en réintroduisant des structures sinueuses, des formes organiques, des profils contrariés à procuré une sensualité qui a diversifié l'exploration spatiale cubiste.
Henri Laurens, autodidacte, avait commencé à travailler avec un maçon pour sculpter des motifs décoratifs sur les maisons.Sa rencontre avec Braque en 1911 le convertit à un cubisme qu'il pratique par papiers collés, assemblages et mises en relief des thèmes de la peinture, non seulement de Braque, mais aussi de Picasso et de Gris,
Après 1914, il commence à produire des compositions à deux dimensions avec plus ou moins de relief, aux formes purifiées y compris de tout accident de collage ou de découpage. Finesse des passages décoratifs, forts contrastes de couleurs pour soutenir les reliefs, mais aussi de rythmes, font progresser la perfection du métier cubiste bien au-delà de Braque. La tête en pierre polychrome ci-dessous illustre cette remarque.
Ossip Zadkine apparaît comme le sculpteur qui a le mieux su reprendre les leçons de la statuaire néo-africaine après Picasso.. ses inversions de volumes s'opposant aux formes concaves et convexes dont la belle servante ci-dessus illustrée en est le meilleur exemple.
 

L'image de l'homme vu par Alberto Giacometti


L'expérience de la deuxième guerre mondiale lui rendit le courage de modeler des têtes et des personnages en pied. Ce sont des sculptures filiformes écrasées par l'espace et l'atmosphère qui les environnent; Giacometti cherche alors à rendre la sensation d'un " squelette dans l'espace".
Les squelettes filiformes
Pendant cinq ans, jusqu'en 1940, Giacometti travaille sur modèle et, de nouveau, sent la réalité lui échapper : " Une tête devenait pour moi un objet totalement inconnu et sans dimensions.Les sculptures deviennent de plus en plus petites, guère plus hautes de un ou deux centimètres et, parfois, d'un dernier coup d'ébauchoir, finissent en poussière. La légende veut que toute sa production, durant les années de guerre, ait pu tenir dans quelques boîtes d'allumettes.


Le squelette en mouvement


En 1945, la pratique du dessin lui permet de donner à ses figures une taille à peu près normale, mais elles deviennent alors de plus en plus hautes et minces, jusqu'à cet aspect caractéristique qu'on leur connaît. Trois thèmes reviennent sans cesse, traités en général par séries : celui du buste , celui de la figure debout, immobile et frontale, celui enfin de la figure en marche.
À partir de 1948 des groupements s'organisent soit autour du thème du mouvement, Trois Hommes qui marchent, La Place , soit autour du thème de l'immobilité, des bustes et des figures en pied, sans souci des rapports d'échelle :
"Le 11 Janvier 1966, Alberto Giacometti s'éteint, épuisé dans son atelier minuscule. Là pendant près de 40 ans, ce jusqu'auboutisme de la figuration s'est acharné face à la force de l'abstraction dominante à faire poser ses modèles . Il était devenu l'ombre de ses sculptures long, filiforme,le visage bosselé. Terrifiant. Sans aucun doute, touché par la grâce divine, métaphorisé en Dieu dans sa quête de l'Absolu, de la" vraie vie" dont parlait Rimbaud"(Anne Kerner).