JAWLENSKY ALEXEI VON marqueur eStat'Perso

JAWLENSKY ALEXEI VON (1864-1941)
"Ce que je sens et non ce que je vois"

Lié spirituellement au Blaue Reiter, arrivé en 1896 à Munich, où il est un des fondateurs de la N.K.V., Jawlensky connaît les méthodes et principes esthétiques de l’école de Pont-Aven en Bretagne où il peint, en 1905, « ce que je sens et non simplement ce que je vois ». Gauguin, Van Gogh, Matisse, Kandinsky, tels sont ses points de départ. Natures mortes, paysages et surtout « têtes » sont les thèmes de ce fauve dont la couleur montée, brillante, posée en larges touches plates et cernée de forts contours, a une signification symbolique. . Si Jawlensky ne suivit pas Kandinsky sur la voie de l’abstraction au temps du Blaue Reiter, les années de guerre devaient l’y conduire à travers les Variations sur un paysage de Suisse et une série de « têtes » mystiques. Russe, il réalise des icônes modernes.

Le cercle du Blaue Reiter (Cavalier bleu)

Munich est en pleine effervescence artistique au début du XXe siècle. Déjà, en 1892, des artistes se séparaient de l’Association munichoise et formaient la première sécession d’Allemagne. La revue Jugend, organe du Jugendstil, ou Art nouveau, ferment de rénovation, paraît en 1896. La même année voit l’arrivée des Russes Kandinsky, Jawlensky et Marianne von Werefkin. Kandinsky ouvre une école d’art en 1902 et préside le groupe « La Phalange », se situant rapidement comme une des personnalités marquantes de la fameuse cité des arts. En 1904, tous les mouvements avancés se fédèrent en une première association. Des expositions de Cézanne, de Van Gogh, de Gauguin, des néo-impressionnistes sont suivies de celles des nabis, de Matisse, de l’art oriental. Von Tschudi, nommé directeur des musées de l’État bavarois en 1909, contribue à donner à Munich une place prépondérante dans le mouvement moderne. Une nouvelle fédération d’artistes « avancés » se forme, la Neue KunstlerVereinigung (N.K.V.). Kandinsky en est le président. Les expositions de la N.K.V. sont animées d’un esprit d’internationalisme culturel analogue à celui des Indépendants à Paris. Son programme, rédigé par Kandinsky et Jawlensky, est une profession de foi, la croyance esthétique en un éclectisme qui embrasse les productions les plus archaïques et les plus modernes. Mais, dans ce vaste groupement hétérogène, la majorité des peintres en reste à un mélange de fauvisme et de Jugendstil. Vers 1910, divers artistes, subissant l’attraction des idées de Kandinsky, forment un petit groupe, prélude de la scission d’où naîtra le Blaue Reiter, une des manifestations les plus importantes du dynamisme propre au génie allemand
Le Cavalier bleu est ainsi un cercle d’amis, ouvert. Le 11 décembre 1911, Kandinsky et Marc décident d’affirmer leur position par une exposition. Grâce à l’appui de Von Tschudi, elle a lieu à la galerie Tannhäuser, du 18 décembre 1911 au 1er janvier 1912, sous le titre « Der Blaue Reiter ». L’emblème provient tout naturellement de ces cavaliers et chevaux dont les deux amis sont obsédés et de leur commune prédilection pour le bleu, couleur signifiant une même aspiration vers le spirituel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Brève biographie

Peintre russe. C’est à Munich, où Jawlensky s’est installé en 1896, que cet ancien élève de Repine commence sa vraie carrière. En 1905, lors d’un voyage en France, il rencontre Matisse dont l’influence éclate aussitôt dans ses natures mortes (Vase et pichet, 1909, musée Wallaraf-Richartz, Cologne) et surtout dans ses portraits, d’une somptuosité chromatique débridée (Jeune Fille aux pivoines, 1909, musée de Wuppertal ; Nikita, 1910, musée de Wiesbaden). En 1909, il a pris part avec Kandinsky à la fondation d’un groupe artistique, la Neue Kunstlervereinigung (N.K.V.), il sera proche du Blaue Reiter qui se forme autour de Kandinsky, mais leur alliance ne durera guère. Peut-être sous l’influence du cubisme, il modifie sa peinture en soulignant les formes par des cernes. Cette tendance, dont l’élégance un peu morbide révèle aussi l’apport du Jugendstil, préside à ses paysages et à ses portraits lors de son séjour en Suisse (1914-1921), par exemple dans la Grande Variation, soir et matin (galerie Fricker, Paris). Après son installation définitive à Wiesbaden, le peintre se préoccupe surtout de l’effigie humaine. Bien qu’en 1924 il ait fondé avec Kandinsky, Klee et Feininger le groupe éphémère des Quatre Bleus, sa manière devient rigoureusement individuelle. Dans un premier temps, le visage est réduit à un schéma graphique (deux traits droits ou courbes pour les yeux) et seule la couleur, assourdie, parfois étrangement lunaire, s’y déploie, recréant les identités, ou prêtant vie à des apparitions légendaires. Puis, vers 1934, quand Jawlensky est atteint par une arthrite chronique, il abandonne toute référence géométrique pour une touche plus appuyée et comme empâtée. Les visages qu’il analyse alors sont traités à la façon des anciennes icônes, avec une gravité douloureuse conforme aux préoccupations mystiques qui sont désormais les siennes.