Paul Klee 1879 marqueur eStat'Perso

Paul Klee

1879- 1940

Peintre- poète

 

Paul Klee Peintre- poète

Il se définira comme un " peintre-poète "; Il figure parmi les plus féconds des créateurs : son catalogue compte plus de neuf mille titres ; sa réflexion sur l'art évoque, par son ampleur, celle de Léonard de Vinci. Ainsi, Klee reste l'une des personnalités déterminantes du XXe siècle, référence irrécusable de la pensée esthétique actuelle. les titres de ses tableaux témoignent de cette amplitude poétique: Carillon de la lune d'argent, Doux paysages des tropiques, Paillasse en tranches, Exercice en bleu et orange, Croissance des plantes nocturnes. Toujours la réalité visible est dépassée. Sa peinture rejoint aussi la musique. et des signes et écritures marquant ainsi son goût pour l'Orient

L'interrogation de Paul klee : Musique, écriture ou peinture?

Musicien

Cette interrogation domine ses années d'apprentissage et détermine, jusqu'au terme, sa pratique créatrice. Né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee, près de Berne. Son père, d'origine allemande, était professeur de musique et exerçait dans la capitale helvétique. C'est de lui que Klee, excellent violoniste dès sa prime jeunesse, hérita son amour pour cet art. 

Peintre

A une exposition de Munich, il fait la connaissance de Van Gogh et de Cézanne, dont l'enseignement lui paraît d'emblée exceptionnel. Pendant l'hiver 1911, il se rapproche du groupe des peintres du Blaue Reiter (le Cavalier bleu) et se lie d'amitié avec Kandinsky, Marc, Macke et Jawlensky. En avril 1912, il rencontre Delaunay à Paris et découvre les œuvres de Rousseau, Picasso, Braque. il achève des illustrations pour le Candide de Voltaire. En somme, il côtoie un groupe de peintres tous fortement préoccupés par le problème de la couleur. il continue à s'investir dans la pensée et la pratique musicales (chant, violon). Ses écrits couvrent de multiples domaines : introspection et poésie jusqu'à la Première Guerre mondiale ; théorie et didactique durant les années du Bauhaus.

Au cours d'un rapide voyage en Tunisie qui constitue pour lui une expérience optique de premier ordre. L'architecture colorée, éblouissante de lumière, de ce pays méditerranéen, l'entraîne spontanément vers une construction cristalline des tonalités: le sujet naturaliste se fait poétique, Klee est devenu un peintre. il choisira en fin de compte la peinture, et conjuguera continuellement ses modalités propres avec celles des deux autres activités.

Écriture

L'écriture intervient constamment dans ses tableaux.En 1914, Klee séjourne en Tunisie avec August Macke. Ce voyage de Paul Klee et d'August Macke en Tunisie (1914) témoignent de recherches identiques à celles de Matisse : La démarche décorative, longtemps limitée aux expressions mineures dans la culture occidentale, se confond dans le monde islamique avec l'art tout entier. C'est bien cette harmonie que recherche la peinture de Klee , de Macke et de Matisse. le " motif " disparaît au profit d'une perception synthétique, ici plus abstraite encore. Préparant la structure en carrés de son œuvre future, Klee " s'attaque ", selon ses propres termes, " à la synthèse architecture urbaine-architecture du tableau ". À Kairouan, il note dans son Journal : " La couleur me possède [...] Je suis peintre. " Voilà que s'élabore ce que pressentait Macke dans l'Almanach du Blaue Reiter (1911) : la fusion de l'Europe et de l'Orient, dans ce " troisième style " qui caractérise en effet bien des œuvres de la modernité. Natif de Constantine, cette ville qu'il dit " vieille comme Jugurtha, construite avec des rochers, des ravins, des nids d'aigle et des cactus ",

L'orientalisme semble ainsi, plus qu'une fantaisie, une véritable " obsession ", selon le mot de l'historien d'art J. Sweetman. Elle est entretenue par le voyage au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, vite devenu parcours initiatique, à l'image du séjour romain pour les générations précédentes. Klee a en effet effectué en 1929 un séjour en Égypte qui marque certaines de ses toiles comme Route principale et routes secondaires ci-après  illustré.

Une peinture polyphonique

Déjà, sur le plan lexical, la terminologie commune (composition, ton, gamme, harmonie, rythme, accord, fugue, etc.) fournit à Klee nombre de titres: fugues en rouge Ci-illustré. Dans ce contexte, Klee imagine une peinture polyphonique qui " surpasse la musique dans la mesure où le temporel y est davantage spatial " (Tagebücher, 1081). Des œuvres " divisionnistes " - l'une s'intitule singularité des plantes transposent le mode sonore au visuel : des aplats colorés recouverts par la modulation de touches séparées constituent des études de contrepoint mélodique et rythmique.

Une peinture des signes picturaux

Klee dégage une spécificité du domaine pictural. Il propose une théorie de la technique comme théorie des signes picturaux et réciproquement : " L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible [...] Les éléments spécifiques de l'art graphique sont des points et des énergies linéaires, planes et spatiales [...] La genèse comme mouvement formel constitue l'essentiel de l'œuvre [...] La formation détermine la forme et prime en conséquence celle-ci. " Le " faire " est donc essentiel à l'œuvre, il en est l'" idée " ; la hiérarchie traditionnelle est renversée ; " La forme est fin, mort. La formation est vie [...] Songer donc moins à la forme (" nature morte ") qu'à la formation.

 

 

Brève biographie

 1879  naissance de  Paul Klee à Münchenbuchsee, près de Berne. Son père, d'origine allemande, était professeur de musique et exerçait dans la capitale helvétique1898, ayant terminé ses "examens de la maturité" (niveau de notre baccalauréat), il commence ses études de peinture à Munich, d'abord dans l'atelier particulier de Knirr, puis à l'Académie, sous la direction de Stuck. 1901 -1902 Il passe l'hiver en Italie, s'arrêtant pour séjourner à Rome, à Naples, à Florence; il se laisse, par-dessus tout, prendre au charme de l'architecture de la Renaissance, de Michel-Ange et des premiers maîtres du Quattrocento.1904 -1905 Quelques voyages occasionnels le conduisent à Munich  il découvre  Beardsley, Blake, Goya, Ensor et 1905 à Paris.1906 épouse Lily Stumpf, professeur de piano. 1911 il se rapproche du groupe des peintres du Blaue Reiter (le Cavalier bleu) et se lie d'amitié avec Kandinsky, Marc, Macke et Jawlensky. 1912rencontre Delaunay à Paris et découvre les œuvres de Rousseau, Picasso, Braque. il achève des illustrations pour le Candide de Voltaire.1914, Klee séjourne en Tunisie avec August Macke.1929 voyage en Egypte1931appelé à l'Académie de Düsseldorf,1940. Mort de Paul Klee

 Théorie des signes picturaux

"L'œil suit les chemins qui lui ont été ménagés dans l'œuvre. "

Il peut être instructif d'étudier les œuvres des peintres en se souvenant des indications de Klee, et d'y chercher la multiplicité des chemins ménagés dans l'œuvre . Les théories de Klee ont eu un intérêt considérable, non seulement pour les artistes, mais aussi pour le spectateur et l'historien lui-même. En posant de façon nouvelle le rapport des moyens techniques et du sens, elles montrent que le point, la ligne, la touche, les tons, la composition sont les véritables signes du peintre.

Appliquons cette théorie sur le tableau " sous l'étoile noire" ci- illustré: L'oeil suit d'abord le contraste entre le noir d'une étoile se découpant sur les couleurs pastel du paysage. Le cheminement au travers de ces couleurs mène à l'extranéité du personnage d'avec le monde qui l'entoure et qui semble l'accabler. Le rapport entre la matière picturale et le support servant de trame au développement de la composition est ici fort étroit.

Étude de tableaux

 le port florissant 

 Paul Klee analyse rationnellement le procédé qui, partant du point - Que Klee considère comme une forme- conduit à la ligne qui n'est pas seulement un élément calligraphique. Il s'ensuit une conséquence capitale : un " sens " spécifiquement pictural qui se caractérise par la multiplicité des " significations " de l'œuvre achevée. " L'œuvre plastique présente pour le profane l'inconvénient de ne savoir où commencer (la lecture), mais, pour l'amateur averti, l'avantage de pouvoir abondamment varier l'ordre de lecture et de prendre ainsi conscience de la multiplicité de ses significations [...] L'œil suit les chemins qui lui ont été ménagés" dans l'œuvre.

Rue principale et rues secondaires 

Ce tableau  permet d'avoir un aperçu sur la façon de voir et de sentir de l'artiste. Il ressemble  à une tapisserie ancienne un peu curieuse, avec des bandes et des pièces étroites, serrées, dont chaque centimètre est travaillé, piqueté, cardé, comme si, à grande distance, on eût voulu établir un relevé topographique clair et net. Quelques lignes précises, marquant les grandes directions, coupent la peinture, voies qui s'ouvrent à notre vue. Si nous laissons notre regard suivre ces chemins, nous voyons que cette sensation de topographie est restituée grâce à une large artère traversant le centre du tableau et qui va en se rétrécissant, suivant les lois de la perspective. L'ensemble paraît vu à vol d'oiseau, comme s'il s'agissait d'une vaste plaine, sillonnée d'un fin réseau de lignes transversales. Il suggère un paysage fluvial, les rives d'une large vallée qui abrite le cours d'un fleuve très ancien. C'est exactement, du reste, ce dont il s'agit: cette image synthétique reproduit le souvenir des grandes plaines fertiles de l'Égypte. Cette interprétation picturale de la grande plaine alluviale du Nil, qui s'étend à l'infini sous le soleil ardent, avec ses petits champs jaunes et orange, et le vert décoloré des terrains péniblement travaillés. Chaque tableau de Klee est une réplique au monde, une image restituée, en réponse, par l'émotion qu'il ressent devant ce monde. Cette façon très personnelle d'observer la structure organisée de la nature fait naître une formule de l'imagination, une "imago", empreinte de la relation entre le peintre et l'univers. Cette image, reconnue au moment où la vision pénètre en lui, devient un acquit de sa force d'imagination qui opère dans l'inconscient, là où les souvenirs objectifs ne sont plus séparés des conceptions de sa fantaisie. Ce n'est qu'au moment de la création, dans son atelier -aucun de ses tableaux, en effet, n'a été exécuté directement d'après nature.

Paul Klee laisse un immense héritage. il a su exprimer que le tableau doit être une chose organique en lui-même, comme sont organiques les plantes et les animaux, tout ce qui vit au monde et dans le monde. C'est là l'affirmation la plus importante de l'oeuvre de Paul Klee qui annonce par là les peintres de la peinture inobjective ; Il devance les surréalistes par ses visions, son goût du rêve, son abandon à l'irrationnel, et les abstraits par ses fonds musicaux qui ne sont que taches de couleur et suggestion de mélodie.