Marie Laurencin  1885-1956
Égérie du cubisme

 

  devient la dame du cubisme A sa naissance 

 Alors qu'elle se trouve à l'académie Humbert  où elle publie ses premiers poèmes sous la signature de Louise Lalanne " les marges"comprenant notamment les poèmes hier et présent , Clovis Sagot les remarque et parle d'elle à  deux de ses compagnons  qui se trouvent à l'atelier du "Bateau Lavoir: Picasso et Guillaume Apollinaire. Marie Laurencin parvient à faire leur connaissance et devient la muse de Guillaume Apollinaire . Dans  son sillage,   elle, vit l'ambiance du milieu cubiste, assiste aux discussions qui se tiennent dans cet atelier de compagnonnage qu'est "le Bateau Lavoir..
Dans cet atelier , Ses compagnons peintres, poètes -des parias , des maudits des Arts et des Lettres -. se recherchent et se groupent formant un nouveau genre de compagnonnage où s'élaborent des notions absolument neuves où l'on fait table rase des principes préexistants pour devenir un champ expérimental où naît la notion d'avant-garde. Cet effort de création se traduira  par des multiples et prodigieuses révolutions esthétiques qui jalonneront le XXe siècle : Nouveaux matériaux du verre, acier, béton armé en architecture, du bois en sculpture, la révolution d'optique et d'esthétique de la peinture d'avant-garde dont les peintres sont les meneurs de jeu en ces années où les diverses disciplines de l'art tendent d'abattre les cloisons qui les séparent.

Marie Laurencin devient l'égérie , la dame du Cubisme, selon le célèbre mot de Guillaume Apollinaire et tire son épingle du jeu parmi ces peintres cubistes masculins

Le nouvel art s'est développé triomphalement . De nouveaux locataires adhérent au cubisme:  Herbin, devançant Juan Gris, le sculpteur Brancusi du groupe " la ruche"les rejoint  puis Gleizes, Metzinger, Delaunay, le Fauconnier du groupe de la " Closerie des Lilas" et les frères Duchamp,  Roger de la Fresnay et Picabia  constituent  le nouveau cénacle cubiste. Un esprit de cohésion se créée pour un instant bref; Mais des failles se dessinent dans cet éphémère unité du cubisme. Marie Laurencin suit le courant  et participe auprès de Duchamp, Gleizes , La Fresnay  et Picabia au Salon des indépendants de 1911. La critique est sévère  et l'hostilité quasi unanime reçue  n'empêche pas le cubisme de se faire connaître. Londres, Bruxelles et les États Unis exposent des toiles cubistes. Mais c'est surtout en Russie et en Allemagne  que la diffusion du cubisme est éclatante

Elle participe à la décoration de la célèbre Maison cubiste qui fit scandale au Salon d'automne de 1912, et rompt avec Guillaume apollinaire
Le peintre André Mare de la "Ruche"présente avec un groupe d'amis peintres La Fresnay, Jacques Villon,  - la Maison cubiste, qui n'a guère de cubiste que le nom. Derrière la façade conçue par Raymond Duchamp-Villon, l'aménagement est bourgeois, traditionnel. L'écrivain André Véra définit dans un article publié en 1912 par la revue L'Art décoratif les buts du groupe. Le Nouveau Style rejette tout ce qui rappelle la génération précédente : la " sensibilité ". Marie Laurencin expose avec ce groupe alors que Picasso et Braque évolue vers une forme d'art nouvelle qui est le seul cubisme véritable; Les premières toiles de marie Laurencin furent des portraits faussement naïfs de ses amis poètes et peintres (Picasso, André Salmon, Apollinaire ) C'est l'époque où Marie Laurencin se détache de Guillaume Apollinaire et rompt définitivement sa relation amoureuse qu'elle entretenait avec le poète. " Nous ne nous verrons plus sur terre , Odeur du temps de Bruyère Et souviens-toi que je t'attends" ("l'adieu"). Apollinaire écrira devant cette porte définitivement et symboliquement close :"Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant"(" le voyageur").

La pacifique conquête de l'Allemagne par le cubisme.

 Elle participe en 1914 à l'exposition de Berlin , à la galerie der Sturm; un animateur hors pair, walden, présente tour à tour des oeuvres de Braque, Picasso, Herbin, Delaunay, Léger, Gleizes et les frères villon. Marie Laurencin les accompagne participant ainsi à la pacifique conquête de l'Allemagne par le cubisme. elle présente ses figures enfarinées vêtues d'étoffes vaporeuses aux nuances pastellistes. Le 22 Juin , 1914 elle épouse le Baron Otto von Wätjen, qu'elle a rencontré la précédente année. Le couple s'exile en Espagne d'abord à Madrid puis à Barcelone dés la déclaration de guerre. Elle y restera jusqu'en 1920. Durant ce temps d'exil, Marie Laurencin s'associe avec les artistes Sonia et Robert Delaunay grâce à une rencontre organisée par Francisco Picabia. D'ailleurs elle compose des poèmes pour la revue d'art de Picabia en 1917.
C'est avec un profond chagrin qu'elle apprend la mort de Guillaume Apollinaire en 1918. Il ne frappera plus à la porte en pleurant.. ."Les masques sont silencieux, Et la musique est si lointaine, Qu'elle semble venir des cieux, Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine Et mon mal est délicieux"...(Marie)

 

 

 

 

 


 

Brève biographie

1885  née le 31 Octobre, à Paris;1903 Après des études au Lycée Lamartine, prépare l'école de Sèvres et suit en même temps les cours du soir de dessin de la ville de Paris 1905 Entre à l'académie Humbert et publie ses premiers poèmes sous la signature de Louise Lalanne.1907 vi dans l'ambiance du milieu cubiste auprès de Guillaume Apollinaire1912 participe au Salon des Indépendants1914 le 22 juin épouse  le Baron Otto Von Wätjen. S'exile en Espagne à Madrid puis à Barcelone 1917 compose des poèmes pour la revue d'Art de Picabia 1920 Illustre de nombreux livres 1956 meurt le 8 Juin.

L'art de Marie Laurencin s'était perdu dans l'ombre de son chevalier servant Guillaume Apollinaire 

comme se perdit Camille Claudel dans celui d'Auguste Rodin au point de ne plus savoir qui elle était. Comme tel, elle fut considérée comme une muse passive de l'art cubiste au talent limité , opinion qu'Apollinaire a encouragée de déclarations paternalistes pour Marie comme "elle est heureuse, bonne, spirituelle et elle a tant de talent! ou comme " C'est un petit soleil; c'est Moi dans la forme féminine!"
D'ailleurs, leur ami le douanier Rousseau exposera un tableau intitulé " La muse inspirant le poète" au salon des indépendants de 1909 qui présente le double portrait de Marie Laurencin et de Guillaume Apollinaire. Ce tableau fit scandale car on proclama que ce tableau n'était pas ressemblant. il valut d'ailleurs la célèbre remarque du poète s'écriant :" Si je ne suis pas ressemblant, comment avez-vous pu me reconnaître"Libérée de sa tutelle Marie  participe à la conquête de l'Allemagne par le cubisme.

 

A partir de 1920, Marie Laurencin commence à peindre ces personnages élancés et vaporeux qu’elle reprendra par la suite dans toutes ses toiles aux tons pâles, évocatrices d’un monde enchanté. Deux de ses thèmes favoris sont les jeunes femmes et les animaux. L’attachement qu’elle porte à ceux-ci s’exprime par la fréquence avec laquelle elle les introduit dans nombre de ses œuvres et notamment les portraits "Je n’aimais pas toutes les couleurs. Alors, pourquoi se servir de celles que je n’aimais pas ? Résolument je les mis de côté. Ainsi je n’employais que le bleu, le rose et le vert, le blanc, le noir. En vieillissant j’ai admis le jaune et le rouge.".

Elle divorce de son mari von Wätjen. en 1921 Peintre des décors de Ballet En collaboration avec Jean Cocteau et les décorateurs Christian Bérard Marie Laurencin, décore le ballet Paul et Virginie créé par le chorégraphe Roland Petit en 1934 et d' Orphée et Eurydice.
es. On lui doit aussi de nombreuses aquarelles, des gravures, des eaux-fortes et des bois, notamment dans l'illustration (La Tentative amoureuse d'André Gide). À l'inverse de ce qui a lieu d'ordinaire, elle eut le privilège d'inspirer par ses décors un argument de ballet, Les Biches (1924), dont la musique fut composée par Poulenc d'abord présenté à Monté Carlo puis aux théâtres des champs Elysées à Paris


 Marie Laurencin décide de prendre en charge l'éducation et la responsabilité d'éduquer Suzanne Moreau, la fille de l'une de ses servantes. qui deviendra sa fille adoptive en 1954.
puis en 1942 elle publie un recueil de poèmes " le Carnet de nuit" ce sont des souvenirs de sa jeunesse et des débuts de sa carrière. En 1944 Elle regagne son appartement rue Savorgnan de Brazza (Paris) réquisitionné par les allemands au cours de la guerre 39/44
Elle meurt le 8 juin 1956 à Paris. Elle est enterrée au cimetière Père la chaise. dans une robe blanche tenant dans une main une rose et dans l'autre une lettre d'amour de Guillaume Apollinaire. Ce furent ses dernières volontés.
.                                                                                                                  ..Mais moi j'ai le coeur aussi gros
                                                                                                                    Qu'un cul de dame damascène
                                                                                                                     O mon amour je t'aimais trop
                                                                                                                        Et maintenant j'ai trop de peine