Vue d

 Vue d'un port de mer,effet de brume de Claude Lorrain

1602-1682
Avec Rembrandt et Rubens, Claude Lorrain  est un des meilleurs dessinateurs de tous les temps.

 

Vue d'un port de mer, effet de brume


1646
H. : 1,19 m. ; L. : 1,5 m.

Collection de Louis XIV (acquis en 1695)
Musée du Louvre
 

<<Au XVIIIe siècle, l’héritage de Claude gagne en ampleur. Il s’impose en Italie et s’étend de l’école romaine (Anesi, Locatelli), aux maîtres néoclassiques (Gozzi). À Rome également, les ports de mer peints par Manglard et Vernet évoquent Claude. En terre anglaise, son influence accompagne l’épanouissement du goût pour le paysage, la création du parc anglais et l’essor des collections, lesquelles acquirent la grande majorité des tableaux et des dessins de Claude entre 1750 et 1850 >>(Universalis)

 

L'identité du destinataire de ce tableau peint "pour Paris'' n'est pas précisée dans le Liber Veritatis ("Livre de vérité"conservé au British muséum) que Claude Gellée tenait à jour; il représente L'embarquement d'Ulysse, ou d'Énée, Iule et Achate

Claude Lorrain, d'habitude appelé simplement Claude en Angleterre , est né de parents pauvres à Chamagn(Vosges) un village du  duché indépendant de la Lorraine. Il a reçu peu d'études et, selon son premier biographe, Joachim von Sandrart,  il commença sa carrière comme pâtissier. Ses parents décédèrent alors qu'il avait seulement  12 ans.. Il partit pour Rome en 1613 et fut placé comme domestique chez un peintre , Agostino Tassi. Rome est alors la capitale du monde artistique ou les jeunes peintres viennent tenter leur chance.Tassi lui apprend les rudiments de la peinture, notamment des paysages. Claude Lorrain  assimile ces rudiments du métier d'artiste en autodidacte. Et commence à peindre  des paysages sur Rome et sur la campagne alentour. avec ses villages, ses ruines , ses arbres et ses troupeaux. sa science des effets lumineux  séduisent  le cardinal Bentivoglio qui le présente au pape Urbain VIII. Nous sommes en 1639 et Urbain VIII lui commande un paysage avec vue de Castel Gandolfo.Pour plaire à ses clients  qui font partie de l'aristocratie Le Lorrain s'inspire de sujets tirés de l'antiquité, de la mythologie d'Ovide, de Virgile, du Tasse. Le travail sur le motif était toujours le point de départ de son art: "Il cherchait à saisir la nature par tous les moyens, allant à la campagne de l'aube jusqu'à minuit afin d'apprendre à y représenter de façon naturelle la naissance du jour, le coucher du soleil et les heures de la vie" écrit Sandrart son ami.Il utilise une variété de techniques dans ses croquis - plume, lavis brun, gris et rose, pierre noire, sanguine, rehauts de blanc; tous ses dessins suggèrent les caprices de la lumières, le mouvement dramatique de l'ombre, le velouté de l'air.Après avoir fait ses provisions d'images, quelquefois en compagnie de Nicolas Poussin, cet autre romain, Le Lorrain rentrait à l'atelier pour y élaborer lentement les grandes toiles peintes.

il copie les figures des loges de Raphaël et les paysages de Polidoro, mais la véritable inspiration classique lui est venue des derniers paysages d’Annibale Carrache et de son continuateur, le Dominiquin, auxquels il s’ouvre vers les années 1640-1645. Son art, pittoresque jusqu’alors, devient classique. Les proportions internes de ses compositions sont calculées avec une précision digne d’un maître de la Renaissance.