Pollock Pollock Pollock Pollock Pollock

Pollock  -Poteaux bleus 1953

                -Number 32-1950
 

 

Jackson Pollock -1912-1956

l’œuvre de Jackson Pollock aura souffert de la légende de l’artiste à laquelle celui-ci a malheureusement contribué en déclarant : « Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais. »  Pourtant,  Clement Greenberg, critique d'art  sut très tôt déceler la part considérable d’élaboration esthétique dans les toiles de Pollock et affirma que plus qu’un document psychopathologique il s’agissait là d’une des entreprises picturales les plus importantes du XXe siècle.

À travers des revues comme Cahiers d’art, il découvre l’art de Picasso et de Miró (« les deux artistes que j’admire le plus ») et les théories des surréalistes, qui allaient bientôt débarquer à New York en 1943. il goûte surtout l’invention graphique de ces deux peintres.Pollock avait eu besoin, avant d’aborder de nouveau l’arabesque, de s’assurer de sa capacité à structurer un espace par les moyens figuratifs mis en œuvre par ses aînés

C’est en 1942 que la stature de Pollock commence à émerger: à la suggestion de Piet Mondrian. Peggy Guggenheim l'invitera dans sa galerie à l'exposition "The art of the century"

Dans son style du début, Pollock luttait encore avec des fantasmes primitivistes et vitalistes puisés dans l'imagerie de Guernica de Picasso et dans le surréalisme; mais par la suite, ses coups de pinceau donnèrent forme à la violence pour la transformer subtilement en cette "écriture" non figuratives qui devait le distinguer de tous les autres peintres pionniers de l'expressionnisme abstrait comme, Still , Motherwell, Newman et Gorlieb

La technique du Dripping

Peindre, dès lors, consiste à effacer toute marque particulière, à généraliser les tensions en supprimant toute hiérarchie entre la figure et le fond dans un réseau d’entrelacs que l’œil du spectateur ne peut espérer démêler. Il ne s’agit plus de « touches » de peinture, mais de strates de couleur. Pollock peint à plat sur le sol en dégouttant le pigment à partir d’un bâton (ou éventuellement d’un pinceau) qu’il manie au-dessus de sa toile. La vision «aérienne» qu’il a du champ pictural, lorsqu’il peint, est d’emblée isotrope, comme celui des constellations de Miró: cet espace n’est plus gouverné par la position debout de l’artiste ou du spectateur devant l’œuvre, il n’obéit plus à la loi de la pesanteur. En général, un entrelacs noir constitue la première inscription, suivie d’autres réseaux de couleurs à chaque fois différentes, jusqu’à ce que l’œuvre soit visuellement saturée

 

Ces créations nouvelles qui libéraient une énergie salvatrice conféraient à Pollock une auréole de héros aux yeux des jeunes artistes  dont sa mort prématurée en 1956 renforçait encore sa légende

 

 

 

 

 

 

Poteaux bleus-1953 collection particulière

Dans ce tableau l'espace de Pollock est un lieu de rencontre, un espace ou se côtoie un  monde dominateur dans toute sa diversité  qui cherche à prendre l'ascendant sur les autres dans un intervalle bien délimité. Cet enchevêtrement  donne un effet unique, une sorte d'univers palpitant

 

Number 32 1950 musée Guggenheim

Dans ce tableau son pinceau libre et puissant  se fraie un chemin vers des espaces qui n'avaient aucune base dans l'expérience conventionnelle et invente une nouvelle technique et de nouveaux matériaux pour satisfaire ses visions d'un langage inédit. C'est un champ de bataille ou s'entrechoquent et s'entrecroisent des objets non identifiés qui virevoltent et laissent dans l'espace la trace de leurs tournoiements. Cette peinture posée par "dripping"se présente à notre oeil comme un ensemble unique et étincelant