Assassinat du tsarevitch par son père  Ivan le terrible de  Ilya Repin

Assassinat du tsarévitch par son père  Ivan le terrible de  Ilya Repin (1844-1930)

.Repine, Ilya Efimovitch

Intitulé: Assassinat du Tsarévitch  par son père Ivan le terrible Tsar de Russie  le 19 novembre 1581

tableau réalisé en 1885
 Huile sur toile
 dimensions: 199.5 x 254cm

Retyakov gallery (Moscou)

Peintre russe né à Tchougouïeven  1844 – décédé à Kuokkala, auj. Répino, Finlandee en 1930).

. Arrivé à Saint-Pétersbourg en 1863, il fréquente l'école de dessin de la Société d'encouragement des beaux-arts, où il a pour professeur Kramskoï, l'inspirateur de la rébellion des élèves contre l'Académie des beaux-arts en 1863 et l'un des fondateurs des Peredvijniki. 

L'année suivante, il est admis à l'Académie, d'où il sort en 1871, doté d'une bourse pour la France. Il ne part qu'en 1873 pour Paris, où il travaille jusqu'en 1876 (Café parisien, 1875), entrecoupant son séjour de voyages en Italie. 

De retour en Russie, Repine s'installe à Moscou, . C'est là que, à partir de 1878, en compagnie de Polenov, de Sourikov et de Vasnetsov, il se joint au cercle de Savva Mamontov, tout en restant en rapports étroits avec Kramskoï et les Peredvijniki, Lié avec le groupe de Mir Iskousstva à ses débuts, il participe aux premières expositions organisées par Diaghilev

 Désireux d'instruire le peuple, il traite avec une minutie consciencieuse le moindre détail de ses tableaux de genre ou de ses scènes historiques,

 Reçoit  les conseils qu'il requiert auprès de Tolstoï, qui voit en lui l'exécuteur pictural de ses idées C'est bien le même attachement à sa terre d'origine qui le guide, autant dans la conduite de son premier grand tableau les Haleurs de la Volga (1870-1873, Saint-Pétersbourg, Musée russe), compris comme une accusation contre l'absence de liberté, que dans son Sadko dans le royaume sous-marin (1876) Repine, perdu dans l'étrange faune occidentale, se raccroche à l'idée de la terre russe. 

Repine est présent dans la plupart des musées russes, à Moscou (gal. Tretiakov) et à Saint-Pétersbourg (Musée russe). Ces deux musées ont d'ailleurs organisé les plus grandes manifestations consacrées au peintre (gal. Tretiakov, 1936, 1944, 1957-58).

 

 Le Tsar Ivan (Vasilievich) le terrible (1530-1584), gouverna sous le nom de Ivan IV. Grand Prince "de toute la Russie" , le premier Tsar russe couronné en 1547. Il créa la première assemblée (Zemsky Sobor) en 1549-1550 et le Conseil d'Église en 1551composé de 100 chapitres. Il conquit le khanates de Kazan (1552) et d'Astrakhan (1556). Pendant son règne Yermak prit le contrôle de la Sibérie (1581). La deuxième moitié de son règne fut marquée par la terreur d' Oprichnina et des exécutions massives. 

Le sujet de ce tableau est un épisode de la vie d'Ivan le terrible,  quand, dans un accès de colère, il battit à mort son fils et héritier le tsarévitch Ivan.

Répine a intentionnellement donné à la peinture une date précise. L'idée lui est venu à l'esprit après le meurtre d'Alexandre II le 1 mars 1881 et l'exécution des terroristes  Il écrivit: : " Il était naturel de peindre les douloureux sentiments provoqués par cette historique tragédie… dont l'horreur nous a atteint jusqu'au plus profond de nous mêmes…. "Le contraste qui existe entre les deux protagonistes apparaît dans ce tableau Le visage apaisé du Tsarévitch à celui affolé du Tsar Ivan dont , les yeux révulsés expriment la terreur; il est couvert de sang; La couleur rouge domine dans cette peinture. du rose de la chemise du tsarévitch au rouge Bordeaux à l'arrière plan en passant par une variété de tons sur les tapis'

Henri Troyat décrit la scène de la façon suivante:

<<Le 15 novembre 1581, rencontrant sa bru, Hélène, Ivan le terrible juge sa tenue indécente pour une princesse, il lève la main sur elle et la bat avec tant de force qu'elle fait une fausse couche. De retour au palais le tsarévitch se précipite chez son père et lui crie son indignation. Ivan le terrible ne peut l'admettre et envahi d'une rage démente; bondit de son siège, brandit son long bâton ferré et en frappe son fils au hasard, sur les épaules, sur la tête. Le tsarévitch s'écroule, la tempe trouée Ivan le terrible  se jette sur le corps de son fils, le couvre de baisers, le visage livide et barbu dont les yeux se révulsent ; et tente en vain d'arrêter le sang qui s'écoule du crâne par une profonde blessure. Épouvanté, désespéré, il glapit:<<Malheureux, j'ai tué mon fils!J'ai tué mon fils!>>  Puis il poursuit, Déchiré de remords, il rôda dans le palais en gémissant et en tirant les poils de sa barbe. Ses traits se sont affaissés, ses cheveux ont blanchi. C'est un vieillard courbé par les ans et par le chagrin qui se traîne. Les jours suivants, son désordre touche à la folie. au milieu de la nuit, il se lève et parcourt le palais, les bras tendu, à la façon d'un somnambule , recherchant le fils perdu.>>