Mark ROTHKO 1903

Mark ROTHKO
1903-1970
Mark Rothko un des pionniers de l'art d'après guerre


Mark Rothko naquit a Dvinsk en Russie; C'est seulement à l'âge de 10 ans qu'il émigra avec ses parents aux États-Unis. En 1923 il s'installe à New york où il étudie à ' l'Art student League'. Il y rencontre Max Weber qui l'initie au cubisme et à la connaissance de Paul Cézanne; travaillant d'abord dans un style expressionniste, il aborde ensuite le style pseudo réaliste, influencé par Miro et surtout par Masson.
Aux États-Unis, l'expressionnisme abstrait apporte également sa contribution au problème du sens de l'œuvre d'art. Mark Rothko et Adolf Gottlieb affirment dans une lettre ouverte adressée en 1943 au New York Times : " Une idée largement répandue chez les peintres consiste à croire que ce que l'on peint n'a pas d'importance du moment que c'est bien peint. Cela est l'essence de l'académisme. Il n'existe pas de bonne peinture sur rien. " La génération des myth-makers (faiseurs de mythes), c'est-à-dire celle des fondateurs de la peinture " à l'américaine " dont font partie non seulement Gottlieb et Rothko, mais encore des artistes aussi différents que Jackson Pollock ou Barnett Newman, recourt à l'abstraction mais revendique la présence, dans ses œuvres, d'un contenu.

La période de sa palette lumineuse (1947-1958)
C'est seulement en 1947 qu'il atteint sa pleine maturité et devient l'un des grands pionniers de l'art d'après guerre et une des figures les plus représentatives de l'expressionnisme abstrait américain avec Barnett Newman, et Jakson Pollock.
En 1948, Newman convainc Baziotes, Hare, Motherwell et Rothko, qui ouvrent à New York une école, de la nommer Subjects of the Artist (Les sujets de l'artiste). Quant à Jackson Pollock, dont la technique du dripping , projection de la peinture sur une toile posée à plat, a suscité un déferlement de commentaires, il affirme : " Peu importe la manière dont la peinture est appliquée du moment que quelque chose a été dit.

 "Le concept simple et dépouillé de l'oeuvre de Mark Rothko inspire la méditation


Il libère peu à peu la couleur de la forme aboutissant à de grandes plages de couleurs vibrantes d'une frémissante sensibilité. Rejoignant l'esprit de la philosophie Zen, ses créations constituent un amoncellement de sentiments émotifs qui inspirent la méditation. Sa peinture d'un jeu de couleurs raffinés ne s'apparente pas au style de Klein dont le problème fondamental fut de fixer la valeur potentielle et expressive de la couleur dépourvu de son contenu normal.; au contraire, Mark Rothko cherche à fixer L'espace infinie. Venant de Russie , il a dans son fort intérieur représenté dans ses toiles les steppes , ces immenses espaces ouverts et désolés
Malgré la simplicité de sa production picturale, le sublime reste un concept fondamental de son oeuvre tiré de la philosophie rationaliste; Ce dépouillement recherché de son oeuvre s"accompagne d'une transcendance proche d'une certaine religiosité directement lié à l'éternel; à l'infini. Il traduit d'une manière incomparable toutes les nuances de la couleur qu'il valorise dans de grandes toiles.En larges aplats rectangulaires disposés horizontalement sur le champ monochrome de la toile, les jaunes, les rouges, les oranges, les bleus, dégagés de toute écriture, se métamorphosent en symboles secrets, graves et tendres, irradiant d'une lumière profonde qui force la contemplation

 

Rothko voit rouge  dans la décoration du "four season"du Seagram buikding

Quand  Philip Johnson et Phyllis Lambert, héritière de la fortune Seagram, cherchèrent un artiste capable de décorer la salle à manger  du restaurant « four seasons » du buiding Seagram hors normes, ils optèrent sans hésiter pour Rothko.

Artiste réputé ténébreux, complexe et intransigeant, Rothko reçut cette invitation monumentale en juin 1958, avec un enthousiasme proportionné à la conmande. Obsessionnel attesté par la critique d’art Elaine de Kooning et ses plus chers amis il loua un nouveau studio, une ancienne salle de basket au 222 Bowery, dans lequel il reproduisit l’espace du restaurant où son oeuvre serait présentée. Il commença très vite à travailler sur la série murale du Seagram, achevant le plus gros à l’été 1959, avant de partir avec sa famille pour l’Europe. Le doute le tenaillait déjà. Bien que la commande originale stipulât la réalisation de 11 grands formats, il en réalisa 30. Les couleurs intenses, chaudes et lumineuses de sa période « classi que» (fin des années 1940 à 1957) cèdent alors la place à une série de rouges foncés, de marrons fuyants et de noirs mats. Une palette sourde à la rondeur menaçante qui collait mal avec les réjouissances culinaires et show off de la vie new-yorkaise. Le rouge était mis. II était plus sang que prévu sur le menu des grands soirs.

Des « parasites sur le cadavre »

Un an après, Rothko dénonçait son contrat. « J’ai accepté cette commande comme un défi, avec des inten tions strictement malicieuses. J’espère ruiner l’appétit de tout fils de pute qui mangera jamais dans cette pièce », aurait dit avec colère le grand peintre de l’ex pressionnisme abstrait après être allé uptown diner avec sa femme au Four Seasons. C’est son biographe qui rapporte cet aveu posthume dans Mark Rothko:A Biography en 1994.

 

 

Comme le public parisien au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1999, le professeur de littérature anglaise James E. B. Brestlin eut un « choc Rothko » en le découvrant tout d’un bloc à la rétrospective du Guggenheim à New York en 1979. Touché au coeur, il travaillera sept ans son sujet difficile, ce diable d’artiste pétri de Nietzsche et de Jung qui traitait les critiques d’art de « parasites sur le cadavre ». Visionnaire ou mélancolique, le pr Brestlin aimait les tableaux de la maturité du peintre. The Late Series di Seagram Building, au velouté entre rou ge et noir, en sont un exemple sculptural tant ils défient la surface plane d’un tableau. On s’approche. Ils prennent corps et s’évadent du cadre comme s’ils avaient soudain, par magie, une troisième dimension. Ils sont même devenus une pièce de théâtre, Red, à Broadway en avril.

Rothko, le «faiseur de mythes », avait travaillé deux ans au total sur les muraux Sea gram. Mais il les fit décrocher de ce contexte ostentatoire, joua d’une toute petite clause de son contrat, rendit l’avance et récupéra ses tableaux (article rédigé par Valérie Duponchelle ( figaro du 16 juillet 2010)

 

Notes biographiques

1903 Naissance de Marcus Rotkowitz à Dvinsk en Lettonie alors sous contrôle de la Russie 1913 Rejoint son père et ses deux frères aînés à Portland dans l'Oregon avec sa mère et sa soeur1923Il vit de brimades  et d'actes de racisme dans le campus de Yale. Il renonce au collège après deux ans  d'internat.1938 première exposition personnelle à New York 1940 Change de nom et devient Mark Rothko par peur du nazisme 1970 Rothko est retrouvé mort , les poignets en sang dans son studio 2007 Son oeuvre Rockefeller Rothko atteint la somme record de 72,8 millions de $ lors d'une vente aux enchères organisée par Sotheby's.

 

La période  des couleurs tragiques et prémonitoires (1958-1970)

Rothko donne à l'espace des dimensions spirituelles
Cette mystérieuse vibration lumineuse semble circuler à travers la superposition de ces fines plages de couleurs transparentes. Et par là, dans le plus complet dépouillement, Rothko donne à l'espace des dimensions spirituelles rarement atteintes avant lui, sinon par Matisse ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le seul titre qu'il ait donné à l'une de ses toiles abstraites soit Hommage à Matisse. Pour l'un comme pour l'autre, l'espace pictural est un champ de méditation sur le sacré ou l'absolu - Rothko n'ayant pas eu, lui, d'aspiration religieuse reconnue. Pourtant, avouée ou non, l'inquiétude sereine qui rôde dans toutes ses compositions confine au religieux. Ce dialogue avec l'invisible, s'il ne conduit pas à Dieu, conduit aux hommes, et cela, du moins, Rothko en était parfaitement conscient ; il le désirait tout en l'appréhendant. " Un tableau vit par l'intermédiaire de ceux qui l'entourent ; il grandit et s'anime dans les yeux de l'observateur sensible. " Mais il ajoutait aussi : " Il peut en mourir " sous des regards étrangers, mal préparés.
La manière dont il utilise la puissance du pigment dans ses couleurs fait vibrer les sentiments, les émotions comme les mouvements vibratoires du violoncelle. Toute son oeuvre fait jaillir la méditation. es bruns chauds, les rouges profonds, les prunes intervenaient de plus en plus fréquemment
 

 

Le Gris et le noir de ses toiles annoncent son suicide


Mais c'est en 1968 qu'eut lieu un grand changement ; une série de recherches sur papier l'amenèrent à la suite des toiles peintes à l'acrylique en noir et gris. Là ne subsistent que deux formes à peine distinctes l'une de l'autre, tant leur soudure au centre du tableau s'est faite étroite, presque imperceptible, voire inexistante, et leur proportion envahissante et compacte. Cette dernière étape semble révéler la tragique limite de cette aventure picturale à laquelle Rothko mit fin en février 1970, par son suicide, lui qui, par ces lignes écrites en 1945, se définissait si clairement : " Il est difficile pour l'artiste d'accepter l'incompréhension de la société. Et, pourtant, cette hostilité peut être l'instrument de sa libération. Détaché des illusions mensongères de la sécurité et de la solidarité, il peut également abandonner le fatras des conventions plastiques : le monde des expériences transcendantales s'ouvre pour lui. " Ses dernières oeuvres colorées de gris et de noirs exhibent son état d'âme de cette époque des années 1970.
Elles annoncent son suicide au cours de la même année. Ce peintre déraciné finira par se suicider. Dans son appartement qui lui sert d'atelier on y découvrira des bouteilles et des bouteilles de Whisky. jonchant le plancher.Auront-t-elles précipité sa fin? Mystère? Ses proches qui les premiers sont entrés dans cet atelier ont ressenti une brise , des murmures . L'esprit de mark Rothko était là . Il scrutait l'horizon de ces hautes herbes balayées par le vent des steppes de l'Oural. Ils ont enfin compris le concept fascinant de son l'oeuvre.