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Stanislaw Wyspianski

1869-1907

Wyspianski phare de l'art nouveau en Pologne: peintre et dessinateur avant de devenir dramaturge

 

Stanislaw Wyspianski appartient à la pléiade de ces artistes qui ont jeté les bases de l'Art Nouveau en Pologne. en déclin au XIXème et à l'aube du XXème siècle. D'abord comme peintre jusqu'à la fin du XIX e siècle, puis comme dramaturge

Wyspianski phare de l'art nouveau en Pologne: peintre et dessinateur avant de devenir dramaturge

Jusqu'aux dernières années du XIX e siècle l’activité de Wyspianski est avant tout picturale : le dessin capricieux, stylisé à l’extrême de ses fleurs, paysages et portraits d’enfants et d’acteurs témoigne de l’influence de la « sécession » viennoise, et peut-être aussi de l’art japonais. Très tôt, Wyspianski s’efforce d’élargir son champ d’action : il dessine des vitraux, des meubles, des tapis.

Après des études à l'Ecole des Beaux-Arts à Cracovie Wyspianski entreprend des études d'histoire, d'histoire de l'Art et de la littérature. Il coopère avec Jan Matejko à la réalisation de la polychromie à l'Eglise Mariacki de Cracovie. Ensuite, dès 1890, Wyspianski voyage beaucoup en Europe et dans les années 1891-1894 séjourne à Paris où il étudie avec son compatriote Mehoffer à l'Académie Colarossi. Cette période parisienne est riche en de nombreuses créations à l'huile. Restant sous une forte influence du romantisme historique, l'artiste produit des cartons pour les vitraux de la cathédrale

Wyspianski par son goût pour la dramatisation présente Polonia, personnage allégorique du titre, en tant qu'une femme s'évanouissant avec une épée accrochée à la poitrine et son manteau taché de sang glissant de ses épaules. Les attitudes des personnages qui l'entourent sont particulièrement expressives. Sur leurs visages et dans leurs gestes se reflètent le drame et le désespoir. Sa façon de présenter la nature environnante contribue davantage à la dramatisation. L'artiste joue habilement sur le contraste entre la lumière et les ténèbres. Le paysage des arbres squelettiques, buissons, fleurs et épines met en relief le dynamisme et l'infiltration de la végétation dans le sentiment mystique des personnages. Wyspianski accorde une importance accrue aux couleurs intenses correspondant à la mise en scène dram

L'Art Polonais au XIX e siècle

Le XIXe siècle est dominé par la naissance d'un mouvement national, qui prédomine surtout dans la peinture. Influencés par l'école romantique française, et notamment par Delacroix , les peintres Piotr Michalowski (1800-1855) et Jan Matejko (1838-1893) vont jouer un rôle majeur dans la prise de conscience d'une identité artistique nationale en Pologne. Aleksander Gierymski (1850-1901) sera marqué par l'impressionnisme . Mais c'est Stanislaw Wyspianski, qui deviendra le phare de la Pologne . De son vivant, il a été entouré d’un véritable culte. Dans la Pologne asservie, les poètes et les écrivains se trouvaient souvent chargés d’une responsabilité morale et politique que Wyspianski a consciemment tenté d’assumer Célèbre comme dramaturge, l’œuvre de Wyspianski demeure toujours vivante en Pologne, car il est, selon l’expression de Maxime Herman, « une synthèse où s’unissent classicisme et romantisme, naturalisme et symbolisme, langue archaïque ou populaire et langue suggestive à la manière de Maeterlinck ».

peinture du maître de cette période est dominée par des couleurs sombres ; gris, bleu " Planty o swicie " et " Planty noca ". Ces tableaux annoncent d'une certaine manière l'œuvre d'une importance incontestable créée dans les années 1898-1899 " Chocholy " (bonshommes en paille).C'est encore une autre version des " Planty la nuit ". L'artiste exploite un vieux thème de la mythologie, il s'agit du renouveau de la nature et de l'espoir du printemps. La danse mystérieuse des bonhomme de paille.

Wyspianski continue la peinture et réalise les vitraux pour l'Eglise des Franciscains à Cracovie. En 1895, il reçoit une importante commande pour la réalisation d'une polychromie pour la même église. Elle arrive à un moment inopportun , l'artiste vit des angoisses et des inquiétudes et à ce moment-là ne se sent pas à la hauteur d'entreprendre le travail d'une telle envergure. Il réalise uniquement une partie végétale et malheureusement les projets figuratifs ne voient pas le jour. Ses vitraux sont considérés comme les plus beaux de l'époque de la Jeune Pologne. Au chœur de l'église figurent les personnages de St François, Salomé et des quatre éléments : air, feu, eau, terre. Le tout entouré de motifs floraux aux couleurs très intenses, éclairés de rayons de soleil qui redonne au lieu une dimension mystique. Mais c'est dans la nef principale que se situe la plus belle création de Wyspianski " Stan sie - Bog Ojciec ".

L'artiste poursuit son travail dans le domaine des vitraux et non seulement dans des églises. " Apollo entravé ", le vitrail de l'escalier du siège de l'Association des Médecins de Cracovie fait partie de ses plus belles œuvres.

Wyspianski situe l'homme au centre de ses préoccupations artistiques. Il est un génie de portraits qu'ils affectionne

Il peint les personnes de son entourage très proche : son épouse, ses enfants, les amis Lucjan Rydel, Stanislaw et Dogma Przybyszewski, Jacek Malczewski etc . Il n'hésite pas à dessiner avec les lignes vibrantes, intenses, sans trop se préoccuper des couleurs et des accessoires. Toute son attention est centrée sur l'expression du visage du modèle et de ses états d'âme. L'artiste adore dessiner des portraits d'enfants . Les jeunes modèles prennent beaucoup de place dans son travail. Il les présente tantôt tristes, tantôt rêveurs , toujours livrés à leurs occupations habituelles par exemple " Dziewczynka z wazonem " (1902)

C'est une petite fille appuyée sur le coin de la table regardant un vase de fleurs. En apparence ce dessin réalisé à la va vite enregistre le moment fugitif mais en le regardant de plus près nous nous apercevons qu'aucun détail n'échappe à l'œil de l'artiste. Tous les détails du décor, les motifs sur sa robe rouge ainsi que son reflet sur la table sont soigneusement étudiés. Ce portrait est très différent du celui de son fils " Spiacy Stas ", créé la même année,. Wyspianski insiste sur de belles lignes ondulées, mettant sur le premier plan les plis des draps et de lainage

Wyspianski exécute plusieurs autoportraits, met en évidence la maigreur de traits, la couleur de ses yeux et organise autour de son visage des éléments pittoresques où domine l'harmonie. Le plus connu coïncide presque avec la première du drame " la Noce ".

 

 

brève biographie

Né à Cracovie, StanisLaw Wyspianski était fils d’un modeste sculpteur. Il étudie la peinture et l’histoire, voyage et travaille à l’étranger de 1890 à 1894. Il séjourne surtout à Paris, où il semble avoir connu Gauguin et les nabis. De retour en Pologne, il collabore à la revue Zycie (1898-1899) dont StanisLaw Przybyszewski fait le centre de ralliement des tendances nouvelles . Ce dernier parle de cette collaboration dans les termes suivants:

" Dusza jego nawiazala z gwiezdzista Trójca zlote struny i na tej niebosieznej harfie wygral to, czego Ci trzej wypowiedziec nie zdazyli. Dzis ani Mickiewicz, ani Slowacki, ani Krasinski nie sa do pomyslenia bez tego meczenskim krzyzem naznaczonego zwornika, jakim jest Wyspianski, a tak samo Wyspianski nie do pomyslenia bez tych trzech olbrzymów

En 1894 Wyspianski s'installe à Cracovie et s'engage avec un grand enthousiasme à la vie culturelle de la ville. Il fait partie des organisateurs de l'Association d'Artistes Polonais " Sztuka " et sa notoriété s'accroît rapidement En 1895, il reçoit une importante commande pour la réalisation d'une polychromie pour l'  église des franciscains de Cracovie  En 1901 le 16 mars, le théâtre de Cracovie monte Wesele(Les Noces ) en une soirée.  Wyspianski devient l’un des plus grands écrivains du pays. En 1904-1905 Wyspianski réalise une série de vues impressionnistes de " Kopiec Kosciuszki "il reçoit un prestigieux prix décerné par l'Akademia Umiejetnosci. à Cracovie.

Bref Rappel Historique

La Pologne se trouvait depuis le traité de Vienne en 1812 sous protectorat de la Russie; Seule Cracovie formait une république indépendante, qui fut ré annexée par l’Autriche en 1846. La politique autoritaire exercée par les Empereurs Alexandre Ier puis Nicolas Premier conduisit à des agitations qui se répandit au sein de l'armée et conduisit à une vigoureuse répression .

La Prusse et la Russie étaient décidées à faire disparaître toute trace de particularisme polonais. Bismarck et Guillaume II s’y employèrent pour leur part en interdisant l’usage de la langue nationale (notamment dans les écoles), en persécutant les catholiques (Mgr Ledóchowski), en installant des colons germaniques à la place des propriétaires locaux (Commission de colonisation, 1886 ; loi de 1908 autorisant les expropriations). Pour le gouvernement russe, il n’y avait plus de royaume de Pologne, mais seulement un « Territoire de la Vistule » voué à la russification administrative, religieuse et linguistique. Cette politique se traduisit par un recul de la culture.

La grande émigration des hauts dignitaires nobles et bourgeois polonais vers l'occident, notamment vers la France commença. Puis, Des Polonais de toutes les conditions et de toutes confessions (juifs, notamment) émigraient dans le monde entier, mais gardaient de l’attachement pour leur pays d’origine.

Les écrivains et artistes romantiques Adam Mickiewicz (1798-1885), dont Montalembert traduisit en 1833 le Livre des pèlerins polonais, Juliusz SLowacki, Chopin exaltèrent le destin de la nation martyre et providentielle. les écrivains et les artistes se liguèrent et maintinrent les traditions nationales et populaires : l’histoire revivait dans les romans de H. Sienkiewics, les drames de S. Wyspianski, les tableaux de J. Mateur ; la vie des bourgeois, des paysans, des ouvriers et la situation des femmes étaient décrites par les romanciers B. Prus (La Poupée, Les Émancipées), S. Zeromski (Hommes sans toit), W. Reymont (Les Paysans).

Wyspianski Rénovateur du Théâtre Polonais

Il commence alors son œuvre théâtrale (après quelques essais sans intérêt à l’époque de son séjour à Paris) et, en dix ans, rénove entièrement le théâtre polonais. le 16 mars 1901, le théâtre de Cracovie monte Wesel(Les Noces ) en une soirée Wyspianski devient l’un des plus grands écrivains du pays. Les Noces sont d’abord une comédie à clef, une critique féroce des mœurs et des attitudes politiques. Mais le petit monde d’intellectuels, de paysans et de bourgeois rassemblés pour célébrer le mariage d’un poète est présenté par Wyspianski à la manière des personnages des spectacles populaires que les villageois donnent traditionnellement à Noël. La comédie glisse alors insensiblement vers l’extraordinaire fantasmagorie du deuxième acte, panorama des rêves et des obsessions des invités, pour finir par une danse mécanique et proprement hallucinante, symbole d’une société impuissante et bloquée. C'est le succès.

Il poursuit alors son oeuvre en l'appuyant sur les grands drames nationaux, les l’échec de l’insurrection de 1830 dans Noce listopadowa (1904, « La Nuit de novembre »). On touche ici l’ambiguïté fondamentale de l’œuvre de Wyspianski. Au premier abord, beaucoup de ses pièces semblent des drames de l’impuissance : impuissance du poète dans Légion (1900,, du révolutionnaire dans Wyzwolenie, de la société tout entière dans Les Noces. Mais on y discerne aussi, comme le sentaient ses contemporains, des appels désespérés à l’action, car pour lui les hommes n’accèdent à la dimension du héros tragique qu’en essayant de forcer le destin ; cela apparaît clairement dans les transpositions des mythes antiques : Meleager (1899), Protesilas i Laodamia (1899), Achilleis (1903), Powrót Odyssa (1907, « Le retour d’Ulysse »). Quelques drames historiques, des poèmes épiques et lyriques complètent une œuvre qu’éclairent la curieuse adaptation du Cid (1907) et une étude sur Hamlet (1905), dans laquelle il expose ses idées sur le théâtre.

Immense Rayonnement comme dramaturge puis comme peintre

Dramaturge apprécié dont le rayonnement fut immense en Pologne, Les autorités polonaises ne l'ont pas oublié ; Pour que les nouvelles générations se souviennent de son immense talent et à son action politique; son effigie est imprimée sur les billets de banque

 

 

 

 

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